Transfuge N°101 Leonora Miano Septembre 2016
par Collectif
Prix TTC
Le roman de Léonora Miano, Crépuscule du tourment, qui fait notre couv ce mois-ci, est plus sage sur la forme mais remplit le cahier des charges Transfuge, attentif à cette injonction de Guy Debord : « Porter de l'huile là où était le feu. (...) C'est un beau moment que celui où semet en mouvement un assaut contre l'ordre du monde. » Miano plante son dard là où c'est brouillé. Colonisation et décolonisation, le sujet demeure d'actualité. Elle évoque par exemple, à travers le destin de quatre femmes, les classes dominantes africaines qui ont « conservé la mentalité des castes privilégiées d'il y a plusieurs siècles ». Aussi s'attaque-t-elle non sans provocation au sort des femmes en Afrique aujourd'hui, à la haine de l'homosexualité féminine. Elle analyse par ailleurs l'ambiguïté du rapport des colonisés aux colons, au-delà de bien des clichés véhiculés, résumée dans cette phrase de l'entretien qu'elle nous a donné : « Les colonisés ont détesté la domination et l'ont affrontée à chaque fois qu'ils l'ont pu, mais cela n'a pas empêché l'intérêt des peuples pour laculture des dominants. » Soyez en sûr, le cri de Miano se fera entendre à la rentrée.
