Librairie Blanche

Non, s'il te plaît

par Amélie Rosique

Crédits & contributions

EAN

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15,00

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Je m’appelle Amélie, je suis journaliste, j’ai 39 ans. J’ai été victime de viols conjugaux de 2015 à 2017 par mon ex-mari. Je n’ai pas porté plainte parce que je refuse de me confronter à une justice défaillante. 94% des plaintes pour viols sont classées sans suite. En d’autres termes, dans 94% des cas, les preuves sont insuffisantes pour que la loi s’applique. La loi est donc inadaptée, sauf à considérer que sur 100 femmes qui portent plainte pour viol, 94 mentent. Tant que nous ne serons pas protégées par la loi, je refuse de m’y soumettre. J’ai choisi de témoigner, autrement. L’essai autobiographique que je vous propose n’est ni une thérapie ni un règlement de compte. C’est une tentative de compréhension, un éclairage. En plongeant dans mon histoire personnelle, j’ai voulu déconstruire les clichés sur les victimes de viols conjugaux. J’ai essayé de faire la lumière sur ce que l’on appelle l’emprise, comment elle s’installe, sur quelles aspérités elle s’agrippe, de quoi elle se nourrit. J’ai choisi de témoigner pour les femmes et les hommes qui me liront. Pour les femmes, les violées à domicile, pour leur dire qu’elles ne sont pas seules. Et pour les hommes, tous les hommes, ceux qui violent en conscience, ceux qui violent en inconscience et ceux qui ne violent pas. J’ai choisi de témoigner parce que mon histoire démontre qu’il n’existe pas de victime type de viol conjugal et d’agresseur type. Je n’ai aucun trait de caractère que la société patriarcale associe communément à la victime. Je suis une forte tête, une grande gueule, je prends de la place, je m’impose. Ce cliché se déconstruit peu à peu, grâce à d’autres que moi. Je souhaite y participer et j’ai la prétention de croire que mon témoignage y contribue. J’ai choisi de témoigner pour le grand public. Les militantes et militants savent, ils n’ont pas besoin de moi. J’ai choisi de témoigner, en mon nom, parce que je suis un personnage public, parce que j’ai le devoir, plus qu’une autre, de lutter contre la honte. Je suis grand reporter, j’ai couvert des conflits, en Syrie, en Irak, en Ukraine. Je n’ai peur de rien, je sais me défendre. Et pourtant, j’ai été violée dans mon propre lit.