Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France
par Pierre Goldman
Crédits & contributions
- ÉditeurSEUIL
- Parution01 octobre 1975
Prix TTC
Parce qu'il a été jugé capable d'avoir commis, le 19 décembre 1969, un sanglant hold-up boulevard Richard-Lenoir, à Paris, Pierre Goldman en a été déclaré coupable par un jury d'Assises et condamné à la réclusion criminelle à vie. Ce procès, au printemps 1975, a fait grand bruit. La lecture du verdict mit la salle d'audience en émeute. De multiples pétitions circulèrent, des comités de défense se créèrent, la justice jugée se sentit outragée, on s'interrogea sur la façon dont se forge la conviction intime des magistrats et des jurés, et jusque sur les fondements de cette institution républicaine: l'aptitude à juger sans préjugés, en leur âme et conscience, d'honnêtes citoyens tirés au sort. Un grand silence lors de tout ce procès et après : celui de l'accusé, qui s'interdit d'un bout à l'autre de parler de lui, qui demanda seulement qu'on ne parlât pas davantage à sa place. Mais c'est sur une connaissance supposée de lui-même, sur une "idée de lui" qu'on l'a condamné alors. Aujourd'hui, après cinq ans de prison, il ne veut plus être cet autre à qui on l'a identifié pour les besoins d'une sentence : voici, par son "témoin no 1", c'est-à-dire lui-même - écrivain-né de surcroit - la vérité de Goldman Pierre, Juif polonais né en France, et de son affaire qui ne fait que commencer.
