Leçon littéraire sur « Les Mots » de Sartre
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Prix TTC
Les Mots, ou « comment je suis devenu écrivain », une vocation tournée en dérision, cas à la fois exemplaire et limite de l’autobiographie, entre construction de soi et reconstruction, une « quête truquée », nous dit Jacqueline Villani. Explorant l’origine de l’écriture de soi, l’auteur s’efforce de montrer le caractère atypique de cette « autobiographie » sartrienne. Tout en sachant se nourrir des analyses désormais devenues canoniques de Jacques Lecarme et de Philippe Lejeune (Le Pacte autobiographique), l’ouvrage de Jacqueline Villani n’a pas la prétention de les dépasser ni même de les réfuter ; il met davantage l’accent sur la question d’une potentielle « relecture » de son enfance au crible de la pensée existentialiste, relecture interprétative et orientée, en deçà de la transparence et de l’authenticité du vécu. Elle remotive ainsi les concepts de liberté », d’action, d’être, d’angoisse, de contingence ou encore de situation. Plus qu’un simple récit d’enfance, Les Mots sont, selon Jacqueline Villani, une véritable « démonstration » de nature à corroborer un système philosophique. Passant au peigne fin pastiches allusifs et réminiscences littéraires – autant d’effets ludiques et parodiques dissimulés par un auteur qui manipule son lecteur en calculant ses « effets » –, cette lecture argumentée vise donc à définir la réécriture de sa propre enfance comme la « démonstration » a posteriori de la validité du modèle existentialiste. Loin de mettre à l’index ce mécanisme de « trucage », elle tend plutôt à en dégager toute la complexité et à démanteler ses présupposés philosophiques et socioculturels. Ce manuel s’adresse à tous les étudiants de l’université et des classes préparatoires désireux d’approfondir leur lecture de cette œuvre originale et transgénérique entre récit d’enfance, biographie intellectuelle et analyse critique d’une vocation littéraire. Lire aussi : Leçon littéraire sur l’écriture de soi, de Marie-Claire Kerbrat (PUF). (C. Stavaux)
