études philosophiques 2007, n° 4
par Collectif
Rousseau et les républicanismes modernes
Crédits & contributions
- ÉditeurPUF
- Parution04 janvier 2008
- CollectionLes études philosophiques
Prix TTC
L’attention à la langue traverse de part en part l’œuvre de philosophe, de critique littéraire et de traducteur de Walter Benjamin (1892-1940). Qu’il s’attache à décrire l’état des rapports sociaux, à dégager la teneur de vérité des œuvres d’art ou à dialoguer avec ses contemporains, Benjamin ne perd jamais de vue les grands problèmes du langage que sont l’usage et le bavardage, la nomination et la désignation, le silence et la parole. Poser à nouveaux frais ces questions fondamentales, tel est l’enjeu des grands essais « Sur le langage en général et sur le langage humain » (1916) et « La tâche du traducteur » (1923). Si ces essais relèvent d’une métaphysique de la langue, c’est d’abord en tant que la théorie du langage de Benjamin entend contribuer à l’étude des conditions de possibilité de l’expérience. Loin de considérer le langage comme une faculté naturelle de l’humanité ou de réduire la langue au rang d’instrument de l’expression, Benjamin cherche à décrire le milieu où la pensée se forme et à saisir les rapports à la fois matériels et spirituels qui constituent la langue. L’élaboration d’un concept critique de la langue, en réponse aux questions héritées de la tradition philosophique et renouvelées au tournant du XX e siècle, offre ainsi un fil conducteur au sein de l’œuvre benjaminienne, éclairant la cohérence singulière qui est la sienne.
