JPE 2012, n° 1

par Collectif

Expressions corporelles et souffrance psychique

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Le coin enfoncé dans l’épais mystère qui obscurcit les liens entre développement psychique et développement physique est venu de la psychanalyse. C’est parce que la psychanalyse a orienté son regard sur l’enfance que l’on a mieux compris les niveaux de communication infra-linguistiques impliquant le corps, non seulement dans sa sensorialité et dans sa motricité, mais également dans le fonctionnement de ses organes, dans leur maturation, dans la mise en œuvre ou l’échec de ses potentialités de toutes sortes. Pourquoi un nouveau manifeste après celui que nous avions publié en 2011 pour inaugurer la Nouvelle Série du Journal de la psychanalyse de l’enfant ? Parce que les attaques contre la découverte de Sigmund Freud ne faiblissent pas. Un hebdomadaire à grand tirage en a fait tout un dossier il y a quelques mois. Mais ce qui est plus grave c’est l’ostracisme auquel on cherche à la condamner qui se répand dans les sphères dirigeantes, qu’il s’agisse du pouvoir politique ou du pouvoir universitaire. Les institutions de soin pour enfants et adolescents qui font encore place aux traitements psychanalytiques sont menacées et rappelées à l’ordre pour qu’elles se rangent derrière la bannière du neurodéveloppental . Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) sont systématiquement en faveur de traitements médicamenteux et de techniques de remédiation qui excluent toute référence à un monde interne, à une dynamique intrapsychique et à l’impact sur le développement de l’enfant des relations qu’il a nouées avec son entourage. Ce à quoi nous assistons avec stupéfaction, ce n’est pas un débat loyal sur la validité de tel ou tel modèle psychanalytique ou le bienfondé de sa pratique, c’est à une condamnation dogmatique, qui exclut a priori la psychanalyse du champ de la science et de la thérapeutique, en faveur de modèles et de pratiques alternatifs à qui on ne demande pas de faire leur preuve. Aurions-nous affaire à une querelle entre une science nouvelle et une idéologie ancienne ?