À l'intérieur de la vue - 8 poèmes visibles
Crédits & contributions
- ÉditeurSEGHERS
- Parution17 septembre 2026
Prix TTC
En 1946, Eluard reprend un carnet de quarante collages de Max Ernst datant de 1931. Il leur adjoint " huit poèmes visibles " qui illustrent " aussi fidèlement que possible " le travail de son ami. Cette dernière collaboration entre Ernst et Eluard est publiée par Seghers en 1948 sous le titre À l'intérieur de la vue , un album en couleur d'une époustouflante beauté. Les dessins qui composent ce recueil sont issus d'un carnet que Max Ernst avait offert à Valentine Hugo. Ils s'inscrivent dans la grande période des collages surréalistes que signait l'artiste au tournant des années 1930 : La Femme 100 têtes (1929), Rêve d'une petite fille qui voulut entrer au Carmel (1930) ou Une semaine de bonté (1933). Ici encore, l'artiste découpe au scalpel des gravures anciennes, illustrations de romans populaires ou de revues scientifiques du XIXe siècle et en assemble les motifs avec une telle précision qu'il est difficile d'identifier les endroits où il est intervenu. Chaque collage donne naissance à des êtres extraordinaires, incongrus évoluant dans des mondes visionnaires défiant le sens de la réalité. En 1946, après la mort de sa compagne Nusch, Paul Eluard plonge dans le carnet que lui a confié Valentine Hugo. Dans un profond désespoir, il réinvestit l'une des obsessions du jeune mouvement surréaliste au sortir de la Grande guerre, celle de la cécité volontaire. Rejetant le réel cruel et prosaïque au profit d'une vision intérieure de demi-sommeil, il propose " huit poèmes visibles " pour s'accorder aux collages de 1931. Qu'ils soient versifiés ou en prose, ces textes composent une promenade élégiaque, suspendue, comme autant d'échos aux allégories, allusions mythologiques, bribes oniriques et mondes poétiques de Max Ernst.
