Jedermann. Le Grand Théâtre du monde de Salzbourg

par Hugo von Hofmannsthal, Jean-Marie Valentin

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Les deux pièces traduites ici et précédées chacune de denses essais constituent, avec les Notes sur Xenodoxus demeurées à l’état de fragments, un volet cohérent de l’oeuvre dramatique de Hofmannsthal. Jederman (« Tout homme », « Chacun »), est une moralité née à la jointure du Moyen Âge et de la Première modernité. Donnée en 1920 pour l’ouverture du Festival de Salzbourg, elle en marque chaque année le début. Le Grand Théâtre du monde , repris de Calderón, suivit deux ans plus tard. Ces deux spectacles renoncent à la scène à l’italienne et privilégient, l’un, le parvis de la cathédrale, l’autre, l’église de l’Université. Tous deux substituent des récits en stations à la structure traditionnelle en actes et scènes. Leur caractéristique majeure est de reposer sur le passage d’un destin individuel à une vision globalisante actualisée de l’ordre social. En effet, Hofmannsthal écrit au moment où s’effondre la Monarchie austro-hongroise et où sort de l’histoire la dynastie pluriséculaire des Habsbourg. Cet événement capital coïncide avec la crise politique consécutive en Europe Centrale à la Révolution d’octobre léniniste que prolongent les mouvements spartakistes à Berlin et dans les toutes proches Bavière et Hongrie. L’arrière-plan religieux de ces textes ne saurait faire écran à la composante collective ni à la volonté de Hofmannsthal de faire du théâtre, ici encore, son moyen d’expression esthétique privilégié.