Librairie Blanche

Amour précieux, amour galant

par Jean-Michel Pelous

Sur la représentation de l'amour dans la littérature et la société mondaines (1654-1675)

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Quelle idée les contemporains de Louis XIV se faisaient-il de l'amour ? À cette question, une analyse de la représentation littéraire apporte une réponse toute simple. Le galant homme continue à faire l'amour, c'est-à-dire à le parler, selon les vieilles règles de la courtoisie romanesque. Amoureux transi, il se soumet sans murmure aux caprices de dames inexorables. Celles-ci deviennent, en théorie, les reines du monde et, à défaut de possessions plus solides, elles règnent en effet sur les divertissements, les fêtes et les romans. Leurs soupirants, désinvoltes et narquois, promettent tous de mourir d'amour, mais jamais aucun n'a tenu parole. L'amour mondain est le plus grand jeu de société jamais pratiqué, et le plus dénué de sincérité. Quant aux réalités sous-jacentes, on feint de les oublier pour faire semblant de croire à une utopie facile où le Dieu Amour offre à tous et à toutes le bonheur, sous condition de respecter ses lois et de bannir les empêcheurs d'aimer que sont les pères, les maris, les jaloux et les Précieuses. À ces dernières, on a souvent reproché leur mauvais goût et leur influence pernicieuse sur la langue, à moins que l'on n'en fasse les premières féministes de notre histoire. Il eût d'abord fallu vérifier qu'elles avaient bien existé ; or leur réalité historique semble aussi problématique que celle de la dent d'or de Fontenelle. Cette invention commode a d'abord permis à la société galante de caricaturer certains de ses propres défauts, puis les censeurs des générations suivantes se sont emparés du mythe de la préciosité pour séparer le bon grain de l'ivraie littéraire. Voici quelques-unes des singulières découvertes que l'on peut faire en accompagnant les mondains du siècle de Louis XIV dans leur recherche de l'amour, de la Carte de Tendre aux Lettres portugaises.