Physiologie de Georges Palante
par Michel Onfray
Pour un nietzschéisme de gauche
Crédits & contributions
- ÉditeurLGF
- Parution28 septembre 2005
- CollectionBiblio essais
Prix TTC
Loin des poncifs sur le nietzschéen de droite blond et brutal aux yeux bleus, Georges Palante (1862-1925) incarna la possibilité d’un nietzschéisme de gauche. Souffrant d’une malformation congénitale qui le transformait en monstre aux allures simiesques, ce philosophe méconnu consacra en effet tout son talent à échouer : avec ses élèves au lycée ; dans la ville de province bretonne (Saint-Brieuc) où il enseigna la philosophie ; avec les femmes, avec les institutions – dont l’université –, avec ses proches, il se transforma avec brio en bourreau de lui-même, puis se suicida en se tirant une balle dans la tête face à un miroir… Alcoolique, handicapé, joueur de poker, corrigeant ses copies de bac dans un bordel, vivant avec une illettrée, ancienne fille à matelots, chasseur myope ratant son gibier, modèle du roman de Louis Guilloux, Le Sang noir , choisissant pour directeurs de thèse ceux qu’il pourfendait dans son travail universitaire, il proposa la première formule du nietzschéisme de gauche en France, inaugurant ainsi un courant vivace, de Caillois à Bataille pour la deuxième génération, de Foucault à Deleuze pour la troisième – en attendant la quatrième.
