De Gaulle et l’armée, la fatale équivoque

par Jean-Pierre Brun

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Quel est aujourd'hui le portrait le plus représentatif de Charles De Gaulle dans la galerie des grands destins nationaux ? Celui du théoricien militaire de l'entre-deux guerres ? Celui de l'Homme du 18 juin ? Celui du président fondateur de la Ve République ? La question révèle en elle-même toute l'ambiguïté du personnage. Et c'est ce qui permet d'évoquer un profond malentendu quant aux relations qu'il a pu entretenir avec l'armée. Traiter de ce sujet relèverait-il pour autant d'une énième manifestation d'un « antigaullisme primaire » ? Certainement pas car le principal protagoniste de ce débat le confirme lorsqu'il écrit : « Le soldat considère le politique comme peu sûr, inconstant, friand de réclame. L'esprit militaire, nourri d'impératifs, s'étonne de tant de feintes auxquelles est contraint l'homme d'État. » On ne peut plus lapidaire, l'historien Patrice Gueniffey l'explicite : « De Gaulle est un politique qui a servi dans l'armée plutôt qu'un militaire (…) Ce n'est pas vraiment un soldat ; d'ailleurs les soldats ne l'ont jamais reconnu comme l'un des leurs. » C'est cette réalité qui conduira d'ailleurs De Gaulle à un constat étonnant pour beaucoup : « L'armée ne m'aime pas. » Équivoque ? Certainement. Fatale ? Seule l'Histoire permettra d'y répondre.