Le Premier Consul à Marengo d'Antoine-Jean Gros
par Rémi Cariel
DE L¿ESQUISSE AU TABLEAU FINAL
Crédits & contributions
- ÉditeurLIENART
- Parution09 avril 2026
- CollectionOuvrages thématiques
Prix TTC
Cette publication est consacrée à une peinture magistrale d’Antoine-Jean Gros (1771-1835), dédiée à la bataille de Marengo. En confrontant l’esquisse et le tableau final réalisés à deux années d’intervalle, l’auteur invite le public à observer les écarts formels et iconographiques entre les deux versions. Cette mise en regard révèle l’évolution de la représentation de Bonaparte et les enjeux politiques qui président à l’achèvement de l’œuvre entre 1800 et 1802. Interprète majeur de la geste napoléonienne depuis la campagne d’Égypte, Antoine-Jean Gros reçoit commande d’un tableau commémorant la bataille décisive de Marengo, victoire qui permet de repousser pour la seconde fois les Autrichiens hors d’Italie. L’esquisse peinte est présentée au Salon des artistes vivants à l’automne 1801, tandis que le tableau final est exposé au Salon de 1802. Déposé par le musée du Louvre à Malmaison depuis 1969, ce dernier a bénéficié en 2024 d’une restauration fondamentale au Centre de recherche et de restauration des musées de France. Les différences entre les deux œuvres sont particulièrement significatives. Elles témoignent d’un moment clé de l’ascension politique de Bonaparte. Dans l’esquisse, le général décerne un sabre d’honneur à un grenadier méritant au lendemain de la bataille ; dans le tableau final, le soldat tient désormais l’arme en main, tandis que le Premier Consul apparaît distant, en surplomb. Entre les deux réalisations, la création de la Légion d’honneur, qui rend obsolètes les armes de récompense, et le plébiscite instaurant le Consulat à vie modifient profondément la nature du pouvoir. Là où l’esquisse figure un chef reconnaissant la bravoure de ses soldats, le tableau final s’impose comme un portrait en majesté du premier personnage de l’État. La confrontation entre les deux œuvres est étayée par la présentation de la tapisserie tissée d’après le tableau et le portrait en pied du Premier consul exécutée par Gros en 1802.
