Le général Zeller
par Franc Claude
L’organisation de résistance de l’armée
Crédits & contributions
- ÉditeurDE TAILLAC
- Parution23 octobre 2026
Prix TTC
« Vous avez eu vraiment de la veine d’échapper aux recherches de la Gestapo, car vous étiez, au moment où j’ai été arrêté, leur bête noire. » C’est ainsi que le général Olleris, à son retour de déportation, s’adresse au général Henri Zeller. Ses chefs, les généraux Frère et Verneau, sont arrêtés et meurent en déportation. Son épouse est arrêtée, puis torturée par la Gestapo. Lui-même échappe sans cesse aux polices de Vichy et de l’occupant. Malgré des risques insensés, Zeller poursuit sa mission : organiser, dans la clandestinité, la résistance militaire de l’armée française. Cette histoire méconnue est fascinante, car elle change le regard que l’on porte sur la Seconde Guerre mondiale. Derrière les réseaux plus célèbres de la Résistance gaulliste ou communiste, l’Organisation de Résistance de l’Armée — l’ORA — joua un rôle décisif. Forte d’hommes nombreux, formés et disciplinés, elle contribua à structurer militairement la Résistance intérieure, à faire contrepoids aux FTP et à préparer l’armée de la Libération. Henri Zeller en fut l’une des grandes figures. Chef du Vercors, acteur essentiel de la Résistance dans le Sud-Est, il contribua aussi à faire modifier les plans de la phase d’exploitation du débarquement de Provence, accélérant la libération des Alpes et de Lyon. Mais les chefs de l’ORA moururent en déportation. Les officiers qui survécurent considérèrent qu’ils n’avaient fait que leur devoir de soldats. Ainsi, l’engagement et le sacrifice de ces hommes tombèrent peu à peu dans l’oubli. C’est tout le mérite de cet ouvrage : à travers le parcours exceptionnel du général Henri Zeller, « la bête noire de la Gestapo », il fait revivre une résistance militaire oubliée — une organisation clandestine qui contribua à libérer la France.
