Traces
par Miyako Ishiushi
Crédits & contributions
- ÉditeurATELIER EXB
- Parution03 septembre 2026
- CollectionBeaux livres
Prix TTC
Figure majeure de la photographie japonaise contemporaine, Ishiuchi Miyako capture, pendant cinq décennies, " le temps, les ambiances, les sons, les odeurs et les souvenirs – toutes ces choses invisibles à nos yeux ", selon ses propres mots. Les façades délabrées des immeubles de Yokosuka, la ville où elle a grandi, les cicatrices sur les peaux meurtries, les effets person nels de sa mère ou les kimonos calcinés d'Hiroshima sont autant de surfaces sur lesquelles le temps a laissé des marques qui émergent de l'intérieur et qu'Ishiuchi fait apparaître grâce au grain, à la texture et aux jeux de lumière. D'une série à l'autre, elle revient aux mêmes obsessions : la trace, l'absence, ce qui reste quand les personnes ont disparu. Autodidacte, elle s'est formée dans sa chambre noire, et son approche, qui ne se réclame pas du documentaire, est ouverte ment subjective, donnant à voir la beauté singulière du carac tère matériel et éphémère des choses et de l'existence. Son travail s'inscrit dans une histoire collective du Japon d'après-guerre, avec ses blessures et ses silences. La série " ひろしま/ hiroshima ", dans laquelle Ishiuchi photographie les vêtements et objets personnels des victimes de la bombe atomique conser vés au Musée pour la paix d'Hiroshima, en est l'exemple le plus direct – mais cette dimension traverse l'ensemble de l'oeuvre, y compris les séries les plus intimes comme " Mother's " ou " Scars ", avec laquelle les cicatrices deviennent paysages et la peau une surface poreuse où le temps s'accumule. À l'occasion de l'exposition à la Maison européenne de la photographie au printemps 2027, cet ouvrage donne à voir la trajectoire de la photographe dans sa totalité, articulée en trois chapitres – " Ville ", " Peau & Cicatrices ", " Ces choses qu'on laisse derrière soi " – qui suivent à la fois la chronologie de l'oeuvre et la logique des obsessions qui la traversent. Sous la direction de Lena Fritsch et Yasufumi Nakamori, avec un essai de Yuri Mitsuda et un entretien inédit avec l'artiste, il aborde aussi bien la dimen sion formelle que les questions que l'oeuvre pose sur la mémoire, le deuil, la féminité et l'histoire du Japon, restituant la place sin gulière qu'occupe Ishiuchi Miyako dans l'histoire du médium.
