L’âge des inutiles
par Damien Ziegler
Trump, l’intelligence artificielle, le capitalisme post-humain et l’avenir du cinéma
Crédits & contributions
- ÉditeurLETTMOTIF
- Parution04 septembre 2026
Prix TTC
Le trumpisme n’est pas seulement un retour du populisme américain. Il est peut-être le visage politique d’une mutation beaucoup plus profonde : le passage d’un capitalisme mondialisé à un capitalisme de forteresse, technologique, autoritaire et post-humain. Derrière les slogans sur la nation, les frontières, la relocalisation ou la lutte contre les élites, une autre dynamique travaille l’Amérique contemporaine. Les anciennes promesses de la mondialisation — circulation, ouverture, interdépendance, extension du libre-échange — cèdent la place à un nouvel ordre : souveraineté industrielle, guerre des semi-conducteurs, contrôle des données, privatisation des infrastructures critiques, démantèlement de l’État social et concentration inédite du pouvoir entre les mains des milliardaires de la tech. Donald Trump apparaît alors moins comme une anomalie que comme un accélérateur. Son second mandat accompagne la rencontre explosive de plusieurs forces : le ressentiment des classes moyennes déclassées, le protectionnisme économique, la dérégulation massive, le techno-libertarianisme de la Silicon Valley, l’intelligence artificielle générative, le transhumanisme et l’imaginaire néoréactionnaire d’un monde gouverné par les plus puissants. Ce livre analyse ce basculement. Il montre comment l’IA n’est pas seulement une innovation technique, mais un projet économique et politique : automatiser, prédire, surveiller, remplacer. Remplacer le travail humain, remplacer l’expertise, remplacer les corps, les décisions, les médiations démocratiques. Sous couvert d’efficacité, une nouvelle rationalité s’impose : ce qui peut être optimisé doit l’être ; ce qui coûte trop cher doit disparaître ; ce qui résiste à l’algorithme devient suspect. Dans cette perspective, le cinéma américain n’est qu’un révélateur parmi d’autres. Il permet de voir, avec une netteté particulière, ce que cette nouvelle alliance entre Trump, la tech et l’IA prépare pour l’ensemble de la société : un monde où la souveraineté nationale sert parfois de paravent à la toute-puissance privée, où la démondialisation ne signifie pas le retour du peuple mais la réorganisation brutale du capital, où l’humain risque de devenir l’élément le moins rentable du système. Un essai sur Trump, l’intelligence artificielle et Hollywood, donc. Mais surtout un livre sur le moment où l’économie, la technologie et la politique semblent converger vers une même question : que restera-t-il de l’homme lorsque les machines seront devenues plus productives que lui, plus obéissantes que lui, plus rentables que lui ?
