Au bout du voyage, moi
par Anne Busi
Le récit s'ouvre sur la mort de Shaïna, amie d'enfance et soeur de coeur de la narratrice. Trois jours après le décès, le monde continue de fonctionner normalement, tandis que la narratrice peine à accomplir les gestes les plus ordinaires. À travers les souvenirs de leur amitié l'enfance partagée, les rires, les voyages, la maladie se dessine le portrait d'une femme discrète, lucide, profondément humaine, qui a affronté un long combat contre le cancer sans jamais se départir de sa dignité. Lors des obsèques, la narratrice prononce un discours difficile, soutenue par ses enfants. C'est ce jour-là qu'elle reçoit une lettre écrite avant la mort de Shaïna. Celle-ci lui confie un dernier souhait : accomplir seule le voyage qu'elles projetaient ensemble à Mayotte, terre de ses origines. Elle écrit notamment : « Va là-bas pour moi. Pour nous. Va rencontrer mes racines. » Le voyage devient alors un temps de déplacement intérieur autant que géographique. À Mayotte, la narratrice découvre l'île à travers ses paysages, ses marchés, ses habitants et la famille de Shaïna. Elle y rencontre aussi Alex, avec qui se noue une relation simple et sincère. Peu à peu, le deuil se transforme : la douleur reste, mais elle cesse d'être paralysante. De retour en métropole, la narratrice comprend que ce séjour a déplacé quelque chose d'essentiel en elle. Elle choisit finalement de s'installer durablement à Mayotte avec ses enfants. Le livre se clôt sur cette prise de conscience : « Au bout du voyage, il y avait moi. »
