Les Belles Italiennes

par Christiane Chessex-Viguet

Crédits & contributions

EAN
  • ÉditeurONDE
  • Parution30 mai 2026

Prix TTC

17,00
Pas encore paru

Le livre suit Gigi et Piero à travers plusieurs migrations italiennes qui structurent une mémoire affective faite de lieux, d'amitiés et de temps partagés. Leur premier séjour romain, dans les années 1970, mêle découverte politique, apprentissage de la langue et immersion dans une ville arpentée sans relâche. Rome devient un espace initiatique : manifestations, rencontres d'artistes, bibliothèques, cinéma et errances quotidiennes composent une formation sentimentale autant qu'intellectuelle. Gigi observe les corps, les gestes, les inégalités sociales, la place des femmes, tout en cherchant sa propre position entre maternité, désir de création et sentiment d'insuffisance. Dix ans plus tard, un second séjour familial transforme l'expérience : la ville est désormais vécue avec des enfants, entre école, recherches universitaires et sociabilité d'expatriés. Les années passent, et la conscience du temps devient centrale. Piero tente de tempérer l'angoisse de Gigi : « regarde le verre à moitié plein ». Mais la narratrice perçoit surtout l'érosion lente des êtres et des liens. La seconde partie s'ancre dans les étés ligures à Sori, dans une maison partagée entre amis. Ce phalanstère saisonnier devient un laboratoire d'amitié, de jalousie, de solidarité et de vieillissement. Les rituels lectures, cinéma en plein air, repas, appels aux mères restées au pays construisent une communauté fragile. La maladie, la mort et les séparations fissurent peu à peu le groupe. Le livre interroge alors ce qui demeure : paysages, souvenirs, gestes répétés. La ville et la mer deviennent des archives intimes. Comme l'écrit la narratrice en citant Benjamin, « Il faut savoir s'égarer dans une ville comme on s'égare dans une forêt », formule qui résume cette manière de vivre le monde par dérive attentive, en acceptant que la perte fasse partie de l'attachement.