Le Paris de Boris Vian
par Hélène Rochette
Crédits & contributions
- ÉditeurPARIGRAMME
- Parution10 septembre 2026
Prix TTC
À FLEUR DE PAVÉ, L'ÉCUME DES JOURS Prince des paradoxes et des malentendus, Boris Vian a habité Paris, comme il a traversé sa vie : sur le fil et à la marge. Se sachant condamné depuis l'enfance par sa malformation cardiaque, l'auteur de L'Écume des jours et de L'Arrache-cœur a surgi dans le paysage artistique de l'après-guerre comme un météore étincelant. De Ville-d'Avray où il est né dans une famille de bourgeois lettrés et excentriques, à Saint-Germain-des-Prés dont il devint le trompettiste adulé des caves " existentialistes ", en passant par Montmartre et la terrasse à l'arrière du Moulin Rouge qui abritèrent les dernières pirouettes du chansonnier, ce livre musarde dans les pas de l'écrivain-musicien, compositeur du célèbre refrain antimilitariste Le Déserteur. Après avoir fomenté le plus retentissant canular littéraire avec J'irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan, dont le scandale et le succès éclipsèrent son vrai talent de plume, Boris Vian consuma son existence avec l'appétit d'un ogre dévoreur d'encre et de papier. Traducteur de Chandler, d'A.E. van Vogt et d'August Strindberg, auteur de milliers de chroniques sur le jazz, le cinéma ou la science-fiction et d'au moins cinq cents chansons, fabricant de meubles en kit, de maquettes d'avions, l'ingénieur Boris Vian fut aussi l'inventeur d'un Paris futuriste. C'est ainsi qu'il préfigura en 1958 les contours d'un Grand Paris moderne, dont il suggéra de déplacer les gares en proche banlieue, et de les renommer " gare Montparnasse-Vanves ", " gare d'Austerlitz-Ivry ", " gare Saint-Lazare-Cardinet "... Vian envisagea également de transformer les monuments de la capitale en " hôtels à sept étoiles ", proposa de bâtir des passerelles électriques surélevées pour les piétons, et pesta contre les " véhicules à essence, camouflés en voitures électriques, [qui] continuent à rouler dans Paris " !
