La Soie et la Croix
par Hélène VU THANH
Commerce, missions et rivalités ibériques au Japon (XVIe-XVIIe siècle)
Crédits & contributions
- ÉditeurHEMISPHERES
- Parution19 mars 2026
- CollectionMers & Empires
Prix TTC
Pour financer son effort d’évangélisation, la Compagnie de Jésus, fondée en 1549 et qui a connu un rapide essor dans le Kyushu, fait très tôt le choix d’investir dans le commerce maritime en Asie orientale, ses méthodes et ses types de financement s’inscrivant dans les structures de l’empire portugais d’Asie. Quelle est la nature de ces liens, et comment ont-ils évolué au gré des périodes, des lieux, des diverses configurations sociales et politiques ? L’ouvrage répond à cette question en mettant l’accent sur la place singulière des marchands de Macao, auxquels les jésuites du Japon sont liés dans le cadre du contrat signé pour le commerce de la soie. Pour s’établir au Japon et y consolider leur installation, les franciscains de Manille nouent eux aussi des relations étroites avec les autorités des Philippines. Dans les deux cas, l’ouvrage interroge la manière dont les missionnaires utilisent les velléités portugaises et espagnoles de commerce avec le Japon pour faire progresser les intérêts de leurs ordres respectifs, voire leurs intérêts individuels – et comment, ce faisant, ils participent à la construction des rivalités ibériques en mer de Chine –, non sans prendre en compte le contexte local japonais, l’incidence des multiples reconfigurations politiques du XVIe siècle sur le financement et l’organisation de la mission, et combien l’insertion dans le paysage économique et social très localisé du sud-ouest du Japon constitue une aide essentielle au financement de la mission, particulièrement lors de la crise financière du tournant du XVIIe siècle. Tout en proposant une étude renouvelée du financement de la mission du Japon, c’est ainsi à une véritable entreprise de décloisonnement que se livre Hélène Vu Thanh, reconsidérant dans une même perspective l’étude des ordres mendiants et celle des jésuites au Japon, les historiographies respectivement consacrées à l’empire portugais et à l’empire espagnol en Asie orientale , et envisageant les missionnaires, hors du champ strictement religieux, comme des acteurs diplomatiques ou commerciaux à part entière.
