L'expédition de Madagascar. 1894-1895. Un désastre programmé ?
par Gaël BAY
1894-1895
Crédits & contributions
- ÉditeurHEMISPHERES
- Parution05 mai 2026
- CollectionMers & Empires
Prix TTC
À l’intersection de deux angles morts : Madagascar, peu étudié en histoire coloniale, et les conflits coloniaux, délaissés en histoire militaire, Gaël Bay revisite les causes d’un désastre sanitaire, qui se conclut par l’annexion de la Grande Île par la France – et par une véritable hécatombe au sein du corps expéditionnaire. Le ministère de la Guerre avait insisté pour mener cette expédition. Or, le ministre d’alors, le général Mercier, n’avait eu d’expérience outre-mer qu’au Mexique, et c’est lui qui prit la plupart des décisions au cours de la préparation de la campagne. Le général Duchesne mènera une campagne selon un plan qu’il n’avait pas préparé. Presque toutes les difficultés à venir y trouvent leur origine... Ces difficultés sont essentiellement d’ordre logistique et sanitaires. Le corps expéditionnaire français comprend 15000 militaires et 7000 conducteurs de mulets recrutés dans tout l’empire français. Les Français ont fait le choix de charrettes métalliques, faute d’un nombre suffisant de porteurs ou de mulets de bât. Pour atteindre Tananarive, il faut parcourir 450 km et franchir deux massifs. Les travaux d’aménagements d’une route carrossable sont donc colossaux ! Une grande partie des troupes françaises va être affectée à ces travaux de voirie et, dans une région de marécages, une large majorité du corps expéditionnaire contracte le paludisme, perdant presque toute sa force combattante. À la fin de la campagne, 5757 hommes sont déclarés morts – un nombre probablement sous-estimé –, dont... 20 au combat. Les malades sont bien plus nombreux : le 200e régiment d’infanterie est réduit à un peu plus d’une compagnie, le 40e bataillon de chasseurs alpins est inexistant. Ces pertes et ces malades vont entraîner une longue descente aux enfers pour les hommes du corps expéditionnaire...
