Borges, écrire (contre) l’infini
Crédits & contributions
- ÉditeurPU VINCENNES
- Parution17 septembre 2026
- CollectionArguments Analytiques
Prix TTC
L’œuvre de Jorge Luis Borges tourne autour du concept d’infini. Quel est son impact sur l’écriture? Cet ouvrage vise à lire Borges à la lumière de Lacan , tout en évitant une interprétation infinie. En retour, il cherche à relire Lacan à la lumière de Borges. Jacques Lacan a avancé une thèse forte, concernant le créateur. Dans son « Hommage » à Marguerite Duras, il indique que l’artiste précède le psychanalyste, sur le savoir duquel il a toujours un pas d’avance. Une conséquence éthique s’en dégage : devant le texte littéraire, le psychanalyste « n’a donc pas à faire le psychologue là où l’artiste lui fraie la voie ». C’est suivant cette éthique que le texte de Jorge Luis Borges est abordé ici. Borges a tissé une œuvre autour d’un signifiant majeur : l’infini. Que recouvre ce mot qui insiste au fil des textes ? Sensible aux élaborations de la logique, mais aussi à ce que le langage permet et ne permet pas de dire, l’écrivain argentin tente d’enserrer l’infini dans une représentation : le labyrinthe. Façon pour lui de rendre l’illimité plus supportable en lui donnant les bords d’une figuration. Y parvient-il ? Pas vraiment. Mais comme l’écrivain ne renonce pas à cerner l’incernable, à représenter l’irreprésentable et à dire ce qui ne cesse pas de ne pas se dire, il y revient inlassablement, au point que son écriture porte à son tour la marque d’un certain illimité. Aussi, lire Borges peut donner un certain vertige. C’est cet effet de vertige que nous avons voulu ici mettre au travail. Dominique Corpelet est psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne et de l’Association mondiale de psychanalyse, docteur en psychanalyse et enseignant au département de psychanalyse de l’université Paris 8. Il est co-auteur de l’ouvrage Duras avec Lacan .
