Librairie Blanche

En finir avec le déni - Gaza, chaos climatique, finance prédatrice et masculinité toxique

par Marc Joly, Christian Savestre

Crédits & contributions

EAN
  • ÉditeurANAMOSA
  • Parution26 mars 2026

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Génocide à Gaza, chaos climatique, finance prédatrice, masculinité toxique... Il y a là autant de conséquences et de manifestations d'une seule et même stratégie de domination (qui est aussi un mécanisme de défense) : le déni pervers . Sa cible : l'intelligence créative et réflexive des minorités ; le savoir objectif. Ses ingrédients : victimisation, projection, disqualification. En finir avec le déni constitue à bien des égards la suite de La Pensée perverse au pouvoir . Le sociologue Marc Joly, qui fait ici équipe avec le journaliste et expert fiscal Christian Savestre, approfondit son analyse de la pratique " macronienne " du pouvoir. À la faveur d'une enquête minutieuse, il est montré qu'Emmanuel Macron, inspecteur des finances passé par Rothschild & Co, est le représentant archétypal d'une caste qui a organisé pour ses propres intérêts et pour ceux du capital une porosité public-privé destinée à demeurer invisible. Sauf qu'il ne s'est pas contenté de bénéficier d'un pouvoir d'influence et de mécanismes d'enrichissement hors d'atteinte. Il a pris au pied de la lettre un pouvoir d'incarnation, celui du roi souverain. Or cette aspiration au pouvoir en majesté est contradictoire avec la quête de procédés indéchiffrables et de circuits opaques qui fonde le pouvoir financier de captation des richesses et constitue, en elle-même, une source de jouissance. Il y a là une contradiction qui, précisément parce qu'elle est déniée, donne les moyens d'objectiver des processus plus larges. Du point de vue de l'analyse sociologique de rapports de domination qui ne vont plus de soi, il est démontré, en effet, que le déni est non seulement le mécanisme de défense dominant du moi social des dominants, mais qu'il est nécessairement projectif : il est pervers. Ce qu'il est convenu d'appeler l'ère de la " post-vérité " doit son inauguration à la systématisation du recours aux défenses projectives vers laquelle tendent les classes dirigeantes et possédantes des pays capitalistes occidentaux pour protéger leurs privilèges de la logique de l'égalité et des contraintes de l'interdépendance. Les maîtres de l'économie fossile qui a déréglé le climat sur la planète Terre sont sommés par un ensemble de dynamiques sociales d'entreprendre trois types de travail psychique qui ne peuvent qu'ébranler leur habitus de genre, de race et de classe : s'autolimiter (s'accorder avec l'écosystème) ; accorder au narcissisme d'autrui une valeur égale à celle qu'ils attribuent au leur ; accorder leurs paroles et leurs actes. Sur ces trois plans, ils ont des comptes à rendre. Aussi leur seule défense est-elle l'attaque. Attaque absorbante , qui vise à soutirer aux groupes et individus anciennement minorés, et solidaires des nouvelles normes, toute leur créativité et toutes leurs créations. Attaque dissolvante , qui passe par la réactivation des normes hiérarchisantes traditionnelles et la disqualification frontale des nouvelles normes symétriques et inclusives. La perversion réside dans le fait de jouer sur ces deux tableaux. Ce règne du déni pervers, les auteurs l'analysent de Gaza au procès de Mazan en passant par l'affaire Bétharram et le backlash anti-écologiste et anti-féministe. Comme dans La Pensée perverse au pouvoir , la force de cet essai est de permettre de saisir les processus à l'œuvre et de sortir de l'état de sidération dans lequel nous plonge le déni...