« Armurerie psychique, arsenal social. Strindberg matérialiste » suivi de Mademoiselle Julie

par Sandra Lucbert, August Strindberg, Boris Vian

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Cette tragédie naturaliste, qui est la pièce maîtresse de Strindberg , met en scène un duel à l’issue sanglante, entre Julie, fille d’un compte suédois et Jean, son valet de ferme, dont sera témoin Christine, la cuisinière et fiancée de Jean. Tous les ingrédients du tragique sont en place dans le huis-clos d’une cuisine, où se superposent rapports de genre et de classe. Mais qu’en est-il de ses ressorts psychiques ? « On lit : Dans Mademoiselle Julie, Strindberg “ fait le portrait d’une hystérique„. On lit : l’auteur livre les causes du suicide auquel elle est conduite. “ Un cerveau faible et dégénéré„. “ L’éducation erronée que sa mère lui a donnée„. N’en jetez plus. En revanche, on ne lit jamais : d’analyse de ce vocabulaire d’aliéniste. Nulle part n’est définie “ hystérie„ – personne pour penser “ erronée„. Tout ça fait papier peint, et on s’agite devant ce que Strindberg a lui-même affirmé. Il avait l’excuse de son temps et de ses dispositions psychiques : mais faut-il pour autant reprendre toutes ses affirmations sans examen ? » Ainsi commence l’essai de Sandra Lucbert. Pour Lucbert, Mademoiselle Julie est un cas à part dans la poétique de Strindberg, en ce qu’elle échappe à la paranoïa. Dans « Armurerie psychique, arsenal social », Sandra Lucbert propose une nouvelle lecture du personnage de Julie, érigée par Strindberg en « figure de l’hystérie » , en redéfinissant politiquement la catégorie de l’hystérie et démontrant que les psychés se construisent au sein des formations sociales : s’il y a duel tragique entre deux psychés, c’est dans leur articulation au corps social qu’il convient de les analyser. Un raccordement de la psyché aux rapports sociaux qui prend à rebours les motivations darwinistes de l’époque. Ainsi Julie, disait Strindberg, était destinée à l’égarement « par sa propre nature », thèse que défend Vian lui aussi, soulignant un « dénouement cruel et biologique », dans une société où « survit le mieux adapté ». L’essai de Sandra Lucbert est suivi de la pièce intégrale de Strindberg , ainsi que de la préface historique de l’auteur à Mademoiselle Julie , et celle de Boris Vian traducteur , qui éclairent le rapport de l’auteur à son temps, et ses obsessions psychiques, sa profonde misogynie envers les femmes, qui posséderaient « le bas talent de se tromper ou se laisser tromper » et représenteraient ainsi un public théâtral de choix.