Essai sur le culte et les mystères de Mithra
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- ÉditeurSHS EDITIONS
- Parution17 août 2022
Prix TTC
Le texte rédigé par l'historien Amédée Louis Ulysse Gasquet, publié initialement en 1899 aux éditions Armand Colin, se consacre à l'étude historique et religieuse du culte de Mithra. Cet essai retrace le parcours de cette religion d'origine persane, liée au mazdéisme et à Zoroastre, depuis son apparition en Orient jusqu'à sa diffusion à travers l'Empire romain. L'auteur détaille comment les croyances orientales se sont adaptées aux cadres sociaux et militaires romains, pour devenir l'une des pratiques religieuses principales de l'Antiquité tardive. Gasquet décrit l'architecture des mithraea, ces sanctuaires souterrains aménagés dans des grottes naturelles ou artificielles. Il présente les rites d'initiation qui structuraient la communauté des fidèles. Les adorateurs passaient par différents grades successifs (le Corbeau, le Caché, le Soldat, le Lion, le Perse, l'Héliodrome, le Père). Chaque grade correspondait à des épreuves physiques et morales précises. L'étude s'arrête longuement sur la symbolique du taurobole, le sacrifice du taureau (tauroctonie). Le livre explique la signification astronomique et cosmologique de cette scène, où le dieu Mithra égorge l'animal pour libérer les forces vitales. L'auteur décrit les divinités secondaires, les génies, les planètes et les signes du zodiaque représentés sur les bas-reliefs découverts par l'archéologie. Gasquet dresse une comparaison factuelle entre le mithriacisme et le christianisme naissant. Il expose les similitudes dans certains rites, tels que le baptême purificatoire, les banquets rituels et la croyance en la résurrection ou l'immortalité de l'âme. L'ouvrage retrace la lutte entre les deux religions au cours des premiers siècles de notre ère, une période où le culte mithriaque, fort de son ancrage chez les soldats, les marchands et les esclaves affranchis, constituait un rival sérieux pour la nouvelle foi chrétienne. La défaite finale de la religion de Mithra face au christianisme, soutenue par les décisions politiques des empereurs romains, clôt cette chronologie. Ce livre offre des données précises sur les divinités (Anahita, Ormuzd), les concepts théologiques (la lutte entre le bien et le mal, la lumière contre les ténèbres) et les pratiques religieuses des anciens. La description des cultes à mystères, de la liturgie et des fêtes (telles que la célébration du solstice d'hiver ou de la naissance du soleil invincible - Sol Invictus) s'appuie sur l'étude des inscriptions épigraphiques, des monuments antiques et des textes des écrivains grecs ou latins (tels que Porphyre ou Firmicus Maternus). Le livre aborde les concepts de syncrétisme et les fusions de croyances. Il montre comment le dieu solaire babylonien, Chamas, et d'autres divinités chaldéennes se sont amalgamés avec la figure du Mithra iranien. L'ouvrage fait appel à la philologie et s'appuie sur la traduction des textes zoroastriens, tels que l'Avesta, pour retrouver les traces des premières adorations. Gasquet précise les rôles des mages, ces prêtres perses qui ont transporté les doctrines en Asie Mineure et en Phrygie. Il mentionne les pirates ciliciens qui, selon Plutarque, auraient introduit les mystères à Rome vers le premier siècle avant notre ère. L'auteur liste les fonctions sociales du culte, qui excluait les femmes de la participation directe aux cérémonies secrètes. Cette exclusion est présentée comme l'une des causes de la limitation de l'expansion du mithriacisme. Les repas fraternels rassemblaient des hommes de conditions variées, créant des liens d'égalité inédits dans une société très hiérarchisée. Le livre retrace aussi la géographie des lieux de culte, en soulignant l'abondance des vestiges retrouvés en Italie, en Germanie, en Dacie et jusqu'en Bretagne.
