La Corse et les Corses dans les tempêtes du XVIIIe siècle
par Erick Miceli
Crédits & contributions
- ÉditeurBORD DE L EAU
- Parution17 avril 2026
Prix TTC
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Certains ont pu avoir tendance à réduire l'Histoire de la Corse au récit d'un territoire éternellement en proie au désir des puissants. Cette île aurait-elle été continuellement victime de son potentiel stratégique au sein du bassin occidental de la Méditerranée ? Si la Corse a effectivement constamment attiré l'Å“il des puis-sants, nous savons de plus en plus regarder de quelle façon les insu-laires ont su bénéficier des tempêtes et des séismes méditerranéens et européens. Les Corses ont parfois même habilement profité de ces situations pour chercher à faire passer l'île sous la protection de la grande puissance du moment. Ainsi, quand la République de Gênes qui les domine depuis les XIVe-XVe siècle commence à perdre de son influence internationale à la fin du XVIIe siècle, les insulaires commencent à regarder ailleurs. Ne pourrait-on pas songer à une alliance davantage profitable ? En direction, par exemple, du royaume de France de Louis XIV qui s'impose de plus en plus comme l'un des principaux acteurs européens ? Voilà une question qui s'est concrètement posée pour certains. De plus, si l'historiographie régionale a souvent présenté la Corse comme un territoire isolé, il s'agit en réalité d'une île ouverte ou, pour reprendre les mots de Michel Fontenay, d'une semi-ouverte. Les Corses n'y sont pas rivés, immobiles. Que ce soient les femmes ou les hommes, ils circulent partout. Par « habitude », ils « courent le monde » comme l'énonçait fièrement un anonyme du XVIIe siècle. Ils commercent, s'implantent, trafiquent et reviennent parfois même chez eux. L'ici et l'ailleurs ne sont pas jamais très éloignés. La Corse n'est pas qu'une île, elle est un réseau de com-munautés diasporiques. Cette forte mobilité permet de lier les Corses à d'autres puis-sances que celle qui exerce sa souveraineté sur le territoire. Et c'est cette réalité qui a donné cette teinte aussi particulière à la série de révolutions menées contre la Sérénissime République de Gênes (1729-1769). Si ces quatre décennies d'insurrection ont été un si fort moment d'internationalisation, c'est parce que les insulaires sont liés à toutes les puissances méditerranéennes, et ce, même lors des terribles tempêtes du XVIIIe siècle : la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), de Succession de Pologne (1733-1738), de Succession d'Autriche (1740-1748), de Sept Ans (1756-1763), la Révolution française et les guerres révolutionnaires (1789-1802), etc. En réunissant des chapitres d'historiens spécialistes de l'Époque moderne, cet ouvrage propose une somme de réflexions concernant la place de l'île et de ses insulaires durant les tempêtes du XVIIIe siècle. Loin des discours simplificateurs, ce livre montre que les sociétés ne sont pas prisonnières des déterminismes géogra-phiques, mais qu'elles peuvent s'y appuyer pour y fonder leur quête d'émancipation. Auteurs : Paolo Calcagno, Loïk Folliot, Sophie Garrone, An-toine-Marie Graziani, Luca Lo Basso, Erick Miceli, Jean-Dominique Poli, Jean-Pierre Poli, Géraud Poumarède.
