Le prieuré de Champagne des "chevaliers de Rhodes"
par Jean-Marc Roger
1317-1522
Crédits & contributions
- ÉditeurCHARTES
- Parution03 décembre 2026
- CollectionMémoires et documents de l'École des chartes
Prix TTC
Le prieuré de Champagne de l’ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, troisième des trois prieurés de la langue de France, fut institué par bulle Dum attenta meditatione du pape Jean XXII du 21 juillet 1317, réformant l’organisation territoriale de l’Hôpital. Sis sur le Nord-Est de la France, autour du diocèse de Langres, son noyau, il s’étendait aussi en l’Empire sur la Lorraine « thioise ». Les frères du prieuré étaient réunis en chapitres annuels, qui se tinrent à Bar-sur-Aube jusqu’au moins 1356, puis de plus en plus souvent à Voulaines, au cœur d’une vaste forêt giboyeuse, et en assemblées. On y trouvera des biographies des prieurs de Champagne jusqu’en 1528, dont f. Pierre de Bosredon († 1511) – il n’était pas un chrétien modèle mais a laissé un splendide livre d’heures orné de magnifiques enluminures et de sa devise, probable translittération maladroite du grec Δίχως Σὸν δεν ηβορῶ, « Sans Toi ne puis ». Lors de l’« oppugnation » de 1522, un des « chevaliers de Rhodes » qui se distinguèrent le plus fut aux yeux des contemporains fut f. François de Franel, important chevalier du prieuré, tué lors du grand assaut turc du 24 septembre. Une large place est faite aussi aux chapelains, qui « combattaient par la prière » et aux sergents, qui prenaient une large part à la gestion du riche patrimoine de l’Hôpital en Ponant, comme aux donnés, hommes et femmes, nombreux à chercher refuge dans ses maisons en ces temps si difficiles, notamment dans le Nord-Est de la France.
