Vieillissement, résilience et institution gérontologique
par Gérard Ribes
Crédits & contributions
- ÉditeurCHRONIQUE SOCIA
- Parution31 décembre 2099
- CollectionComprendre les personnes
Prix TTC
Plusieurs questions traversent cet ouvrage. A-t-on le droit de vieillir dans notre société contemporaine ? Se montrer jeune, faire comme si, masquer est le programme proposé par une société qui semble craindre d’être envahie par la vieillesse. Pourtant l’inéluctable du temps qui passe fait que quoi qu’il en soit le mécanisme enclenché dès la naissance même s’il peut être contrôlé à la marge aboutira à l’évolution de ce mécanisme physiologique qui entraînera ceux qui ont échappé aux accidents de la vie, aux maladies vers leur vieillesse. Faut-il voir dans le vieillissement que les dimensions négatives, que les pertes ou peut-on penser différemment cette étape de l’existence sans nier la réalité des transformations tant physiques que psychologiques ? Parler de changements, d’évolution, penser en termes de transformations en incluant les pertes dans ces transformations sont des clefs qui englobent l’ensemble des mécanismes du vieillir. L’avancée en âge est une aventure exigeante, parfois difficile où le regard porté sur soi est déterminant, ou la place des environnements sera un facteur essentiel. Les vulnérabilités sont-elles des éléments de fragilité du fonctionnement humain ou vont-elles permettre une construction, une rencontre ? Dans un partage de vulnérabilité, ne va-t-on pas voir une capacité, une possibilité aux changements, à l’évolution ? Les regards portés par les entourages vont être une part déterminante dans la manière dont la personne vieillissante va se percevoir, se penser. Ne pas se perdre, rester dans une continuité de soi en accompagnant son vieillissement et continuer à construire une existence qui reste signifiante vont être des jalons nécessaires pour que la personne vieillissante ne se perde pas, voire se découvre. Quand l’évolution physique ou psychique nécessite la présence d’un tiers, la place des entourages et en particulier des proches se modifie. Que se joue-t-il dans ce passage entre une place de parent, de conjoint vers un statut de proche aidant ? Comment se réorganisent les relations, la cellule familiale ? Qui va être présent auprès du vieillard qui se montre défaillant ? Certaines personnes vieillissantes, en particulier dans le grand âge, vont quitter leur domicile pour rentrer dans une institution régit par des protocoles, des normes des règlements à la fois nécessaires et enfermant. Ces institutions nées au XXe siècle vont nécessiter la mise en place de mécanismes adaptatifs de la part de ces âgés qui sont pour la plupart arrivés dans l’établissement fragilisés par une perte d’autonomie. Dans ce bouleversement personnel et familial que constitue l’entrée en institution, dans cette bascule de l’existence qui peut faire traumatisme des mécanismes résilients peuvent émerger. Vont-ils avoir des spécificités en lien avec l’âge ? Comment l’institution et l’organisation des soins vont-elles favoriser l’émergence de ces mécanismes ? Enfin lorsqu’une pathologie de type Alzheimer apparaît, la résilience est encore possible. La rencontre devra se faire différemment et va interroger sur une construction résiliente partagée positionnant l’aidant non seulement comme tuteur de résilience mais l’amenant dans cette rencontre à être lui aussi dans des mécanismes résilients qui transforment réciproquement les positions et les subjectivités. Ces questions, et bien d’autres, sont débattues et explicitées par Gérard Ribes dans cet ouvrage agréablement illustré par de nombreuses vignettes issues de sa pratique clinique qui donnent corps et sens à son argumentation théorique. Ce livre a pour objectif de proposer aux professionnels, mais aussi aux aidants une autre vision sur la vieillesse. Il présente des clés de réflexions institutionnelles pour accompagner la résilience individuelle en pensant une organisation des soins comme facteur de résilience. Il interroge ce que peuvent être les mécanismes résilients dans le cas de pathologies de type Alzheimer. Il a en son centre la question de la résilience des personnes âgées.
