La sagesse politique
Pour agir justement
Crédits & contributions
- ÉditeurCHRONIQUE SOCIA
- Parution31 décembre 2099
- CollectionSavoir penser
Prix TTC
Dans La sagesse politique. Pour un agir juste, Luigina Mortari propose une refondation profonde de la pensée et de la pratique politique, arguant de l’urgence de dépasser les modèles existants, notamment le néolibéralisme, pour revenir à une conception de la politique ancrée dans l’éthique et les vertus civiques. Le livre est un appel retentissant à réimaginer la vie publique pour garantir un monde juste et humain pour tous. L’auteure débute par un constat alarmant : malgré des millénaires d’histoire, le besoin de réfléchir à la politique est plus pressant que jamais. Le monde contemporain est marqué par des injustices économiques, sociales et culturelles profondes, une érosion de la culture civique, et l’omniprésence d’une peur qui désertifie l’environnement social. Les oligarchies économiques et financières dominent, exploitant les ressources et la force de travail sans scrupules, souvent au détriment des plus vulnérables, y compris les enfants. L’indifférence éthique, la fatigue existentielle face à la précarité et à la bureaucratie, ainsi que la manipulation médiatique affaiblissent la participation citoyenne et ouvrent la voie à des formes de pouvoir despotiques. La politique, souvent perçue comme un domaine malsain d’égoïsme et d’avidité, a perdu son sens profond. Mortari revisite la pensée classique, notamment platonicienne et aristotélicienne, pour affirmer que l’essence de la politique réside dans le « soin de la communauté » et le « soin du pouvoir ». Les politiciens sont des «bergers des êtres humains», guidant plutôt qu’imposant, avec le respect comme « première nourriture ». La politique n’est pas une science aux vérités indubitables, car les affaires humaines sont complexes, singulières et imprévisibles. Elle requiert plutôt une sagesse architecturale, qui intègre diverses connaissances (historiques, juridiques, économiques, écologiques), mais dont la véritable essence se trouve dans les manières d’être du sujet agissant. Cette sagesse politique se manifeste à travers des actes cognitifs et des vertus essentielles : – imaginer le monde à habiter : la capacité à préfigurer des mondes désirables et à anticiper les conséquences des actions ; – tenir ensemble la communauté : l’art de tisser des liens, de surmonter les conflits par le dialogue et la réconciliation, animé par la « philanthropia » ; – dialoguer : la confrontation par la parole, seule digne de l’humain, cherchant l’accord et la coopération, et non la domination ou le simple échange d’opinions ; – délibérer : l’acte de prendre des décisions éclairées pour la communauté, ne se limitant pas aux urgences mais réfléchissant aux finalités profondes du bien commun ; – juger, comprendre et connaître : la capacité à évaluer les situations avec une pensée large et ouverte aux points de vue d’autrui, à saisir la singularité des événements sans préjugés, et à fonder les raisonnements sur des vérités de fait rigoureusement établies ; – penser, problématiser et critiquer : l’exercice d’une pensée radicale, éthiquement engagée, qui interroge le sens de l’existence et les critères du juste, démantèle les idées reçues et les logiques de pouvoir hégémoniques, exigeant courage et humilité ; – nourrir l’amour pour la liberté : la défense de l’iségorie (liberté de parole) et la lutte contre l’arrogance et le manque de respect qui limitent la capacité à penser et décider par soi-même ; – rester attentif et penser autrement : l’ancrage dans la réalité vécue, l’écoute des voix invisibles, et la recherche de nouveaux indicateurs de la qualité de vie, allant au-delà de la logique mercantile ; – se pencher sur soi-même : le travail d’introspection pour cultiver des sentiments sains, discerner les passions destructrices et affronter sa propre tendance à la violence, essentiel pour l’honnêteté et la grandeur d’âme.
