Ma librairie
par Jérôme Prieur
Lire, regarder, écrire
Crédits & contributions
- ÉditeurFARIO
- Parution11 septembre 2026
- CollectionThéodore Balmoral
Prix TTC
Ce livre constitue à lui seul une petite bibliothèque. Écrivain et cinéaste, Jérôme Prieur a commencé à la composer en écrivant au gré de ses lectures, selon ses goûts et ses passions, bien avant de publier son premier livre en 1980. Puis il a continué. Ce n’est pas seulement son activité de critique littéraire que l’on trouvera ici, rassemblée pour la première fois, mais sa progressive découverte de la littérature en même temps qu’un récit de formation. On pensera plus d’une fois à Montaigne : « Le commerce des livres est bien plus sûr et plus à nous. » Le puzzle, où se révèle l’auteur au cœur de sa librairie , prend forme au fil des textes, des occasions, des obsessions, en dehors des apparences de la chronologie. On verra que ce parcours se dessine nettement entre littérature et cinéma, dans l’attraction et le mystère des images. Au sujet de Proust, tout commence sur le tournage du film de Raoul Ruiz Le Temps retrouvé où Prieur s’est retrouvé, comme un scaphandrier, dans les grandes profondeurs, puis cela s’enchaîne avec Roland Barthes devant les photos de Nadar ou sur les pas de William Friedkin, le réalisateur de French Connection et de L’Exorciste , pour s’achever lors d’un grand mariage parisien où le jeune Marcel, prétend-on, aurait été filmé en novembre 1904. Rien d’étonnant à ce que l’auteur évoque ensuite l’aventure de la collection de portraits, Les Hommes livres qui permit de voir et d’entendre quelques-uns de nos grands écrivains vivants, de Louis-René Des Forêts à Jean Starobinski en passant par Henri Thomas qui fait partie des lectures de chevet aux côtés de Léon-Paul Fargue, Henri Calet, Jean Paulhan ou Joseph Delteil, sans oublier quelques proches comme Jean Rolin, Marie Nimier ou Gilles Ortlieb. Mais le Tristram Shandy de Laurence Sterne n’est-il pas lui aussi l’un de nos contemporains ? Comme l’écrit Jérôme Prieur, « la littérature défie le temps. Tous les livres ont pour point commun de se ranimer dès l’instant qu’ils sont lus par quelqu’un. La littérature n’est ni sociable, ni “aimable”, quoiqu’on fasse souvent semblant d’en penser, c’est un art du secret, un secret dont il faut seulement espérer s’approcher. Les anciens Égyptiens croyaient que l’homme était composé d’un corps et d’une âme ou d’un esprit — comme l’on voudra —, mais aussi d’un double immatériel, un double parfait qui ne se réveillait que dans la vie future promise pour l’au-delà. Les écrivains qui habitent le langage ne cessent d’exprimer, sans le vouloir, sans le savoir complètement, cette chose noire. » Comment entre-t-on dans les livres, qu’y cherche-t-on et de quoi devient-on lecteur ? C’est à l’intérieur de sa librairie que nous entraîne Jérôme Prieur. Il est un de nos rares contemporains à se trouver à l’intersection de tous ces mondes nourris par le cinéma et la littérature et de nous proposer de partager ainsi sa pleine et entière curiosité. Jérôme Prieur est un écrivain et un cinéaste français né en 1951 à Paris. Il a écrit plus d’une trentaine de livres et réalisé plus d’une soixantaine de films dont trois séries sur les origines du christianisme pour Arte, dont le fameux Corpus Christi au retentissement considérable. Les éditions Fario ont republié en 2021, dans la collection « Théodore Balmoral », son livre Lanterne magique, Avant le cinéma consacré aux prémices du cinématographe et, dans la même collection, en 2024, Mon reliquaire, Supplément à Corpus Christi .
