7ème pièce du château

par Emmanuel Berland, BERLAND EMMANUEL

Crédits & contributions

EAN
  • ÉditeurUNICITE
  • Parution21 février 2026

Prix TTC

13,00
Sur commande

Entrer dans cette poésie, c’est franchir le seuil d’un Royaume ancien, où chaque poème ouvre la porte d’une demeure secrète. Dans l’immense château du langage, nous sommes conviés à visiter la septième pièce, non la dernière, mais celle qui précède un basculement. Une pièce obscure et silencieuse, d’où montent les voix disparues, les souffles oubliés, les mots venus de l’autre rive. Ici, la mort n’est pas mur ou fin, mais source et seuil. Elle est le lieu matriciel d’où surgit la parole, foyer souterrain où brûle encore le feu originel. Les mots y circulent comme des esprits veilleurs. Ils ne dictent rien, ils veillent. Ils ne possèdent rien, ils traversent. Ils ne promettent pas de clarté, mais engagent à une fidélité, à la voix enfouie, au chant non dit, à la flamme ténue qui continue de brûler dans les ruines. Chaque poème est une stèle mouvante, un fragment d’éternité égaré dans le temps, un éclat arraché à l’oubli. Les figures qui l’habitent, âmes, anges, veilleurs, cueilleurs de sources, n’annoncent pas le salut : elles accompagnent l’invisible, la lenteur, l’attente. Cette septième pièce est celle où la parole s’est retirée pour mieux rayonner. Elle ne conquiert pas, elle veille ; elle ne crie pas, elle brûle. Le poète ne s’y dresse pas en prophète, mais en pèlerin d’une mémoire plus vaste que la sienne, en dépositaire d’un souffle ancien qui traverse les époques. La poésie ici est survivance, non style : elle est ce qui reste quand tout a été consumé.