The Ronettes - Be My Baby

par Pierre LESCURE, Jean-Marc Millanvoye

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12,00
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La chanson parfaite de l'univers de Phil Spector Dans l'histoire de la pop, peu de groupes ont autant cristallisé un moment précis que les Ronettes. Avec leur mélange unique de glamour new-yorkais, d'innocence feinte et de puissance vocale, le trio formé autour de Veronica "Ronnie' Bennett s'est imposé au début des années 60 comme le visage le plus charismatique du girl group sound. Mais leur importance dépasse leur image impeccable : elles sont les interprètes majeures du "mur du son' de Phil Spector, cette architecture orchestrale qui a redéfini la production pop mondiale. Les Ronettes, c'est l'instant où le rock adolescent bascule dans une sophistication dramatique tout en restant irrésistiblement dansant. Elles ouvrent la voie à une modernité pop : attitude, présence scénique, intensité émotionnelle, tout y est. Leur héritage se lit partout – chez les Shangri-Las, bien sûr, mais aussi plus tard dans les harmonies des Beach Boys, le glam de Bowie, le punk new-yorkais, jusqu'à la pop contemporaine qui vise ce mélange de nostalgie et de verticalité sonore. En une poignée de singles, les Ronettes ont imposé la femme au centre du récit pop, non comme faire-valoir, mais comme moteur affectif. Au cœur de cette légende se trouve "Be My Baby". Sorti en août 1963, le 45 tours est immédiatement un séisme. La batterie d'Hal Blaine qui ouvre la chanson –; ces trois coups suivis d'une syncope devenue mythique –; est probablement la mesure la plus célèbre de toute la pop. Puis arrive Ronnie : voix frontale, vibrante, implorante, qui transforme une déclaration d'amour adolescente en manifeste universel. Le "mur du son' enveloppe tout, cordes, cuivres, chœurs, pour créer une forme d'absolu pop qui, six décennies plus tard, demeure intact. "Be My Baby" devient instantanément un standard, repris, cité, samplé, et révéré par des générations d'artistes. Brian Wilson en fera une obsession, Joey Ramone la tiendra pour la plus grande chanson jamais enregistrée. C'est le modèle du single parfait : court, dramatique, lumineux. La postérité du 45 tours dépasse largement son époque. Il reste le point de bascule où la pop devient art, et où les Ronettes accèdent à la postérité comme l'un des groupes les plus influents du XXᵉ siècle.