La mort du dernier lecteur

par Mohamed Guseibat

Crédits & contributions

EAN
  • ÉditeurEL AMIR
  • Parution21 mars 2026

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J'ai eu la chance, en tant qu'enfant de la ville de Benghazi, d'être élevé dans une ville qui comptait les meilleurs enseignants, et de vivre à une époque où Benghazi était considérée comme la véritable capitale culturelle de la Libye dans les années soixante. C'est de là que sont sorties les journaux les plus diffusés et influents, et dans ses cafés, ses maisons et ses bibliothèques, un mouvement intellectuel et littéraire actif est né, dessinant les contours de cette époque et ouvrant à toute une génération les portes de la connaissance et de la conscience. La lecture à cette époque n'était pas simplement un passe-temps, mais faisait partie intégrante de la vie du citoyen libyen et était un signe de son intérêt pour les affaires publiques, ainsi qu'une fenêtre par laquelle il pouvait voir le monde et lui-même à la fois. Chaque matin, la ville se réveillait sur une scène familière : de longues files devant les bibliothèques et les kiosques à journaux, où les gens se précipitaient pour obtenir leur exemplaire quotidien. Cette scène reflétait une passion collective pour