Librairie Blanche

Fanny

par Ernest Feydeau

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EAN

Prix TTC

22,00

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Fanny d'Ernest Feydeau, publié en 1858 un an après « Madame Bovary », est un roman qui a connu un immense succès dans le contexte du débat sur le réalisme littéraire. L'intrigue tourne autour de Fanny, une femme mariée qui, insatisfaite de sa vie conjugale, devient l'amante de Roger. Le roman traite principalement des thèmes de l'adultère, de la jalousie et des conséquences morales de ces passions. Fanny, femme d'un agent de change parisien, mène une existence terne jusqu'à sa liaison secrète avec Roger. Leur relation se déroule sans obstacle apparent, dans une grande sécurité, mais cette « facilité » fait naître une jalousie obsédante chez Roger, qui s'imagine constamment trahi ou trahissable. Cette jalousie le ronge peu à peu, menant à son anéantissement moral et physique. Fanny, de son côté, demeure impassible, maîtresse d'elle-même, froide et résignée, indifférente à la souffrance de son amant comme aux craintes d'être découverte. Le roman met en avant le contraste entre la passion destructrice de Roger et l'apparente placidité de Fanny, qui incarne une forme de fatalisme et d'ennui. Feydeau souhaitait, à travers ce récit, livrer une réflexion morale sur les tourments de l'adultère : loin de l'aventure romanesque, il montre l'ennui, la lassitude, l'insatisfaction et surtout les conséquences psychologiques négatives de ce choix. Le livre mêle une volonté de moralité et des descriptions parfois audacieuses pour l'époque, ce qui lui valût autant de succès que de polémiques. Fanny est un roman réaliste sur l'adultère bourgeois, mettant en scène la jalousie amoureuse et la vacuité de passions interdites, dans une société en quête de sensations nouvelles. Fanny, héroïne du roman éponyme d'Ernest Feydeau, est dépeinte comme une femme de la bourgeoisie parisienne à la personnalité froide, impénétrable et d'une insigne placidité. Ce qui frappe d'abord dans son portrait, c'est son égalité d'humeur : qu'il s'agisse de tromper son mari, de mentir à son amant ou de faire face à la maladie de ses enfants, Fanny reste la même, inaltérable et distante, dotée d'une étonnante insensibilité. Sur le plan physique, elle est parfois représentée comme une élégante Parisienne : « debout devant son miroir, elle noue sous son menton le double ruban de sa capote de velours ; elle enveloppe ses épaules du châle sombre et le fixe sur sa poitrine avec la broche de camée ». Son regard bleu affiche la même impassibilité que son visage : rien ne la surprend ni ne la trouble. Du point de vue moral, Fanny n'est pas mue par la passion, mais plutôt par une forme de lassitude ou par une curiosité froide. Son amour pour Roger, son amant, relève plus de la compassion sensuelle que d'un véritable élan du coeur, et on pourrait même douter qu'elle n'aime pas davantage son mari. Face à la jalousie destructrice de Roger, elle ne se trouble pas : ses paroles sont brèves, laconique, comme dénuées d'émotion : « Tu perds ton temps. » ou « Que tu es enfant ! ». Le portrait de Fanny, volontairement dépourvu de grandeur tragique ou romanesque, incarne à la fois la vacuité de la vie bourgeoise et la nouvelle figure féminine insaisissable du réalisme. Sa placidité, sa retenue, et son refus de tout lyrisme la placent du côté de la modernité psychologique, tout en en faisant un personnage presque énigmatique et antipathique, jamais vraiment touché par ce qui l'entoure.