Le troisième monde
par Ùna Déas
Prix TTC
Un roman contemporain, queer et politique, porté par une voix à la première personne, qui suit une jeune femme trans française entre la France et l’Australie, en quête d’un « troisième monde » où elle pourrait enfin réconcilier toutes les parties d’elle‑même. Texte de formation et de colère, d’humour et de désir, il plonge dans les colocs de Newtown, les bars lesbiens, les amitiés trans et la violence des normes de genre, pour interroger : où vivre, et comment, quand on n’entre pas dans la case prévue ? Le roman s’ouvre à Sydney, sur King Street, à Newtown, « repère des lesbiennes underground », quartier excentré où se concentrent looks déjantés, cafés, cinés, bouquineries et colocs fauchées. La narratrice, française, saisonnière, habituée aux hivers de Pas‑de‑Calais et aux étés à trimer, a pris un PVT pour l’Australie après des années de routines binaires (bosser/voyager), dans l’espoir d’un ailleurs. Elle trouve une colocation dans une maison victorienne de Funday Street, rencontre Toni, Méduse, Saul et tout un milieu queer qui l’aide à mettre des mots sur sa transidentité. Entre les souvenirs de la France, la famille, les amis, la culpabilité, et la découverte d’un espace où porter des robes et des talons semble possible, elle rêve d’un « troisième monde » entre l’Australie et la France : un pays imaginaire où elle pourrait être elle‑même sans trahir ni perdre les siens. Le livre suit ses amours, ses amitiés, ses colères, ses espoirs, et une réflexion profonde sur la binarité de genre et la violence des assignations. Pour quels lecteurs ? Lectrices et lecteurs de littérature contemporaine qui cherchent des récits ancrés dans des lieux précis (Sydney, Newtown) et portés par une voix forte. Publics intéressés par les questions de genre, de transidentité, de migration, de mobilité (France / Australie), de précarité, de colocation, de travail saisonnier. Lecteurs et lectrices queer, féministes, milieux associatifs, librairies engagées sur les questions LGBTQIA+. Clubs de lecture qui souhaitent travailler sur des textes de fiction articulant intimité, politique du genre et critique sociale. Une voix narrative puissante : première personne, humour, images fortes (cycle « hamster dans sa cage », référence au Petit Prince, descriptions très visuelles de Newtown et de Funday Street). Un ancrage urbain fort : Sydney, Newtown, colocs, bars, couvre‑feu, population excentrique et fêtarde, décrits avec une sensibilité très cinématographique. Un roman de la transidentité : réflexion explicite sur ce que signifie « être trans » – lutter contre l’isolement, s’exposer au rejet, s’adapter sans cesse, affronter les portes qui se ferment, les sourires qui s’effacent, les amours qui s’éteignent. Un grand passage théorique et poétique : méditation sur le « troisième monde » comme espace au‑delà de la binarité, métaphores (Tantale, Narcisse, pellicule coupée, pronom neutre, langue qui cesse d’être « bombe de destruction massive »). Un mélange de récit intime et de réflexion politique : critique de la binarité, du contrat cis‑hétérosexuel, de la hiérarchie entre les sexes, dénonciation de la haine des personnes trans comme peur de voir l’illusion des frontières.
