Philibert ou l'absolu

par Thierry Verdier

Paraphrase sur l'allégorie du bon architecte par Philibert de l'Orme

Crédits & contributions

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  • ÉditeurESPEROU
  • Parution21 mars 2026

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Il est devenu traditionnel, dans toute histoire de l’architecture française, de montrer les deux gravures représentant le bon architecte et le mauvais architecte qui figurent dans la conclusion du Livre d’architecture de Philibert de l’Orme. Dessinées en 1567 ces deux images ont longtemps été comprises comme des dessins naïfs opposants, à la manière de caricatures, les deux facettes d’une même profession. Médiocre et agitée, ou à l’inverse sérieuse et appliquée, ces deux saynètes peuvent en effet être regardées comme de simples illustrations. Pourtant, en prenant le temps de les étudier en détail, ce ne sont pas des postures professionnelles contraires qui sont là sous nos yeux, mais bien deux conceptions diamétralement antagonistes du métier d’architecte. Composées par l’un des plus grands architectes français, et alors que l’architecture « à la française » émergeait au-dessus du commun, les images du bon et du mauvais architectes ne nous donnent pas simplement des indications sur les convictions de Philibert de l’Orme, elles entendent offrir, pour la première fois, un véritable plaidoyer pour une sorte d’absolu architectural. Définissant une éthique du métier défendant le sens de l’histoire, le culte de la beauté, l’exigence du chantier et la sollicitude pour autrui, ces images duales ont conservé toute leur actualité. Dans un monde contemporain qui voit vaciller les bases d’un métier attaqué de toutes parts, et dévasté par les mirages de l’Intelligence Artificielle, il est parfois utile de revenir sur certaines vérités fondamentales qui défendent cette doulce mémoire du plus beau des métiers. Musarder quelque temps avec Philibert de l’Orme n’est pas une perte de temps. C’est tout simplement accepter qu’une image ne se regarde pas d’un œil distrait, mais offre à qui sait la voir un horizon de pensée qui s’envole dans l’infini de l’imaginaire. Croire en l’absolu d’une discipline, c’est partir à la recherche d’une exigence qui s’appelle l’Architecture.