CIELS RETROUVES
par Gérard Bocholier
Prix TTC
Ce livre de Gérard Bocholier est constitué d’extraits choisis dans son journal de 2023. Il vient à la suite d’un 1er journal édité aux éditions Le Silence qui roule : Une brûlante usure (journal 2016-2017). Quatre saisons rythment ce recueil en commençant par l’automne. Le dernier chapitre est écrit « Hors saison ». Ce sont des méditations où « la fraternité spirituelle » renforce le quotidien. Aussi on croise dans ce livre les citations d’auteurs poètes comme Anne Perrier, Reverdy, Roud, Joubert, Simone Weil, Munier, Julien Green, Pierre-Albert Jourdan et bien d’autres, qui aident à vivre et à écrire, à remercier. Mais ces citations, sortes de pierres de touche essentielles, trouvent leur sol et leur aliment dans les paysages de la terre natale de Gérard Bocholier où les vignes, les pommiers, les fleurs, la musique des saisons sont peints par l’auteur avec sensualité et délicatesse. La pensée sensible ne peut vivre qu'incarnée, ici dans les lieux aimés et au feu des souvenirs. Extrait du chapitre "Hors saisons": « Au fond de tout cela reste une enfance dont le bonheur ne peut s'oublier. » La mort, dit Teilhard de Chardin, est « chargée de pratiquer, jusqu’au fond de nous-mêmes, l’ouverture désirée. » Une levée d’écrou pour un prisonnier « à vie ». Le mot « merci » suffirait, mais beaucoup ne savent pas à qui l’adresser. On retarde toujours le moment, de parler, d’écrire, et de vraiment vivre. On est impitoyable quand il s’agit de se pardonner à soi-même. Ainsi d’avoir perdu pour toujours son enfant qui ne veut plus vous parler, son premier amant qui s’est tué, cet autre qui est parti sans se retourner… Comme tout est simple ! Mais cette simplicité reste inlassablement à découvrir et à transcrire Extraits de la 4ème de couverture : « Sois sage, ô ma douleur… », murmure le poète. La vie souvent s’impatiente, se dissipe comme un écolier distrait. On apprend, avec l’âge, à la calmer, sans pour autant faire disparaître l’étrange douleur de vivre. Cette douleur parfois confondue avec la brume du matin, qui s’agrippe aux haies et s’écharne peu à peu… Ou avec une odeur de fumée âcre, lorsque la nuit vient, arrêtée sous un porche. Au moment où l’angoisse du coucher va surgir pour l’enfant. Gérard Bocholier
