Nomads’ Land
par Guillaume Holzer
Crédits & contributions
- ÉditeurREVELATOER
- Parution13 juillet 2026
Prix TTC
Avec Nomads’ Land, Guillaume Holzer déploie une série photographique au croisement du documentaire et de la poésie visuelle. Réalisé en 2019 au cours d’un séjour d’un cycle lunaire dans le village de Mesa, en mer de Flores, près de Komodo, ce travail nous transporte au cœur d’une cité flottante de près de 4 000 habitants, où cohabitent Bugis et Bajau, populations austronésiennes sédentarisées depuis les années 1950. Son regard saisit des fragments de vie où l’ancrage au réel se double d’une sensation de suspension, entre mémoire, disparition et intemporalité. La série met en lumière le drame contemporain des Bajau: l’apatridie, la sédentarisation contrainte, et l’effondrement d’un mode de vie millénaire sous les pressions politiques, économiques et environnementales. À cela s’ajoute une crise écologique profonde dans le Triangle de corail, où les pratiques de pêche destructrices ont appauvri l’une des régions marines les plus riches en biodiversité au monde. Mais le travail de Guillaume Holzer ne se limite pas au constat. Il rend aussi visible la cosmologie des Bajau, pour lesquels l’océan demeure une entité vivante. Et il prolonge ce propos jusque dans sa forme: il conçoit lui-même ses émulsions et les applique à la main sur différents supports. Les aspérités de la surface, les accidents de la matière font de chaque tirage une présence unique. La photographie devient trace, dépôt, mémoire incarnée.
