Trahison libre du Peer Gynt d'Henrik Ibsen

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17,00
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La pièce commence dans le Peer Gynt d’Ibsen, au cœur du folklore norvégien, dans un théâtre de la fin du XIXème siècle, à la lisière du bourg d’Haegstadt. Ou peut-être se passe-t-elle au fond de ma mémoire, dans un village que j’ai connu, l’été, au moment des grosses chaleurs ? Peer Gynt vient de se battre avec Aslak le forgeron, et sa mère, Aase, est agitée par toutes les histoires / mensonges de son fils / histoires de famille / des siècles / héritages. Dans cette pièce, Peer va chevaucher un bouc, kidnapper le marié, s’unir avec une truie, séduire Solweig puis l’abandonner, enterrer sa mère, quitter la Norvège, faire des affaires / des crimes / le mal, puis revenir (plus ou moins) tranquillement à Haegstadt pour mourir dans les bras de Solweig. La pièce va surtout suivre Peer hors de la pièce d’Ibsen, sautant à pieds joints dans le XXIème siècle, trahissant, travestissant, minant l’œuvre du grand dramaturge, afin de sonder au cœur même de notre société la figure du masculin / vainqueur / colon / prophète, et de tenter de soulever quelques questions éthiques / politiques / philosophiques / poétiques / rythmiques / tragi-comiques. Elle tente de décentrer Peer Gynt, de le pousser vers les bords / dans ses retranchements ; de faire place à d’autres corps / figures de la grande et de la petite Histoire ; de laisser la possibilité à d’autres histoires / chants / récits / visions de prendre place. Aase, Aslak, Solweig et une myriade de personnages (au moins 113) se bousculent au centre du plateau, s’agrippent au radeau de la scène, eux, elles aussi poussant les cris de celles et ceux qui ont longtemps été à la marge de l’Histoire / la dramaturgie, vivant, souffrant, riant, embarqué.e.s dans la tempête du siècle, soulevant les corps, les faisant chavirer, battant le vent, intranquilles, mystiques, effroyables, grandioses, misérables, humains.