Promenades japonaises
Crédits & contributions
- Éditeur2, 3 CHOSES
- Parution06 octobre 2026
- CollectionLa vagabonde
Prix TTC
Août 1876. L'industriel Émile Guimet, héritier du « bleu Guimet », voit enfin les couleurs du Japon. Il en a longtemps rêvé, de ce « pays presque fantastique » qui s'ouvre enfin aux voyageurs étrangers depuis le début de l'ère Meiji, en 1868. Quand il débarque sous la pluie à Yokohama, accompagné de son ami le peintre Félix Régamey, Guimet, fou d'enthousiasme, vit un rêve éveillé. Visiter le Japon, c'est rentrer dans une estampe d'Hokusai ou d'Hiroshige. Curieux de tout, Guimet préfère les kimonos aux « affreux » pantalons européens, s'étonne de la résistance des infatigables djinrikis qui tirent sa voiture, de la blancheur du riz dans des soupières de laque rouge, qu'on lui sert comme des « portions de neige », s'accommode du makoura, « traversin invraisemblable », chausse les getas, sandales haut perchées qui menacent à tout moment son équilibre pour arpenter Enoshima. Qu'il écoute le chant des cigales dans les buissons d'azalées et de camélias, la plainte des vieux cèdres dans le vent ou le bonze hélas inépuisable, qui tape sur son tambour et l'empêche de dormir, il ne se départit jamais de son humour ni de sa bienveillance. Ses Promenades japonaises (1878), portrait d'un pays, sont aussi le récit d'un coup de foudre. Émile Guimet (1836-1918), esthète et voyageur passionné, curieux de l'autre sous toutes les latitudes, fut aussi un écrivain charmant. On se promène dans son livre comme dans son musée, inauguré en 1889, la même année que la Tour Eiffel.
