Solidarité, entre fantasme et nécessité
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Prix TTC
Dans cet essai, Sarah Schulman, fervente militante pour les droits humains et plus particulièrement des personnes LGBTQIA+, livre une brillante analyse des défis sociaux et psychologiques inhérents à tout mouvement de solidarité. En prenant appui sur plusieurs exemples historiques (lutte pour le droit à l’avortement dans l’Espagne postfranquiste, mobilisation de Jean Genet avec les Black Panthers, lutte contre le VIH/sida dans le New York des années 1990, vagues de contestations sur les campus universitaires contre la guerre d’Israël à Gaza...) ainsi que sur sa propre expérience de femme queer et juive, l’autrice décortique les rouages de la solidarité. Elle entreprend de questionner les fantasmes qui y sont traditionnellement associés, notamment celui, tenace, que l’on parviendra à faire changer les choses à l’échelle individuelle sans aucun sacrifice, ou encore que les motivations de nos actions seront reconnues comme pures et nécessairement bénéfiques. En filigrane, cet ouvrage pose une question fondamentale : quelle place pouvons-nous prendre dans un monde de plus en plus polarisé, et comment agir en solidarité avec les populations opprimées à l’échelle mondiale, locale ou individuelle ? L’autrice analyse les conditions nécessaires à tout mouvement solidarité et montre l’importance de l’écoute active, la nécessité d’intervenir lorsque l’on est confronté à une injustice, la capacité à tolérer l’imperfection, ou encore la reconnaissance du coût moral et social inhérent à toute preuve de solidarité. En dressant des parallèles entre différentes luttes, Sarah Schulman met en lumière certaines dynamiques transversales à tout acte de solidarité et montre l’importance de la convergence des luttes dans un contexte mondialisé. Ode à la libération des peuples et populations opprimées, cet ouvrage apparait aujourd’hui indispensable pour quiconque souhaite œuvrer à la construction d’un monde plus juste.
