Les Déliquescences, poèmes décadents d'Adoré Floupette
Prix TTC
Les Déliquescences d'Adoré Floupette restent la plus célèbre parodie de la poésie symboliste et décadentiste, qui s'est véritablement déchaînée à la fin du XIXe siècle. Ces "poèmes décadents" furent publiés en 1885 par Gabriel Vicaire et Henri Beauclair, "chez Lion vanné, à Byzance" (!). Adoré Floupette n'est évidemment qu'un pseudonyme, mais Gabriel Vicaire, se déguisant en un drôle de "Pharmacien de 2e classe", le fictionnel Marius Tapora, lui a donné une grande consistance burlesque en écrivant sa vie. Le texte (ici reproduit) de cette biographie imaginaire, est particulièrement savoureux. Qu'on en juge : Floupette, qui "se proposait de mettre en triolets la philosophie de Schopenhauer", envoie un jour à Tapora un "grand poème moderne où serait résumée, en quelques centaines de vers, l'évolution naturaliste du siècle." Et Tapora, à sa lecture, exulte : "Et c'était encore plein de buées chaudes, d'odeurs de fromage, de bosses chancreuses, de sanie, de bile et de glaires. Un accouchement surtout me fit penser aux symphonies de Beethoven." " Les Déliquescences ne sont qu'une fumisterie, mais je la crois amusante", déclara placidement Gabriel Vicaire. Et pourtant, ce recueil déclencha en son temps une violente polémique qui contribua paradoxalement à l'immense postérité du mouvement Symboliste.
