La liberté familiale

par Gabrielle Radica

Généalogie d'une idée

Crédits & contributions

EAN

Prix TTC

11,00
Pas encore paru

Libre choix du conjoint, divorce par consentement mutuel, protection de la sphère privée contre les intrusions du pouvoir étatique, et contre la pression des instances morales, sociales et religieuses qui s’exerce en matière sexuelle, éducative ou procréative : le droit positif protège désormais la liberté dans la sphère familiale dont nombre d’auteurs, depuis le xix e siècle jusqu’aujourd’hui, observent le développement et consacrent la valeur. Encore faut-il s’entendre sur le sens de cette liberté, et saisir en quoi la vie en famille la détermine et lui fait obstacle. La notion appelle une clarification, car elle désigne des choses différentes, voire opposées : la liberté collective du groupe, ou celle de ses membres. Dans le second cas, elle désigne tantôt l’indépendance des uns vis-à-vis des autres, tantôt la protection légale et statutaire de chacun contre l’arbitraire, la dégradation et l’instrumentalisation, tantôt enfin l’émancipation du sujet social vis-à-vis des diverses servitudes auxquelles il est exposé. Un examen généalogique permet de comprendre la multiplicité des racines philosophiques de la liberté familiale, et l’on proposera de ressaisir la typologie de ces trois significations en convoquant la différence entre l’indépendance de l’individu selon Locke, la liberté légale des personnes selon Kant, et le processus d’émancipation que poursuit avec plus ou moins de succès le sujet spinoziste. Cette généalogie philosophique se montre également féconde, parce que ces trois sens historiques de la liberté se prêtent à une réactualisation qui éclaire le droit positif. La liberté de divorcer, l’interdiction légale, et désormais d’ordre public, de céder son autorité parentale à l’autre parent, ou enfin la vigilance à l’égard de la manipulation par les proches constituent trois types de garanties juridiques qui, chacune, promeuvent une seule de ces trois formes de liberté, et qui peuvent dicter des conduites différentes (séparation ou maintien de la solidarité; saisie du juge, d’un avocat ou d’un notaire, ou négociation informelle).