Hélène à la quenouille d’or

par Françoise Frontisi-Ducroux, Florence Gherchanoc

Étoffes historiées et pouvoir féminin en Grèce ancienne

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15,00
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Au chant III de l’Iliade, Hélène observe les combats du haut des murs de Troie et les tisse dans l’étoffe tel un récit. La toile haute en couleur vive, somptueuse, car pourpre et agrémentée de motifs figuratifs et narratifs constitue une façon particulière de relater la guerre qui se déroule sous les yeux de celle qui en porte la responsabilité. Loin de Troie, Pénélope, autre tisserande hors pair, défait sa toile chaque nuit pour ne pas avoir à choisir parmi les prétendants un nouvel époux. Cet immense linon, qualifié de pharos, un grand voile funéraire, est une « pièce plus luisante que la lune et le soleil ». Mentionnées par les Anciens, ces étoffes sophistiquées remarquables, bigarrées et historiées, sont l’objet de discours sur des pratiques qui structurent la vie des femmes et des hommes, sur la beauté et le luxe, sur la relation aux déesses et aux dieux, sur les hiérarchies sociales, politiques et religieuses, sur la différence.Hélène à la quenouille d’or, a pour objet de repenser, à travers une trame complexe, les fils qui, entrecroisés et liés généralement par les mains de femmes expertes, les belles étoffes, des étoffes exceptionnelles en raison des motifs figuratifs qui les ornent et par les récits historiés et colorés qu’elles comportent. Hélène, Pénélope, mais aussi Déjanire et bien d’autres, se trouvent à la croisée de ces questionnements sur la culture visuelle des sociétés grecques de l’Antiquité, la technicité avancée, la matérialité du vêtement alors que peu de tissus ont été préservés par le temps. Ce faisant, l’ouvrage propose une histoire de ces vêtements qui mettent en exergue la construction de dessins figuratifs, voire narratifs associés à des couleurs, la poikilia. Ces tissages alors révèlent toute la technicité créatrice et le pouvoir des femmes en la matière, éducatrices et médiatrices de la culture visuelle dans les cités grecques de l’Antiquité.