L’atelier de Madame de Staël

par Lucia Omacini

Corinne ou l'Italie

Crédits & contributions

EAN

Prix TTC

38,00
Pas encore paru

L’entrée dans l’atelier de Madame de Staël permet de saisir quelques phases de l’avant-texte sans doute assez proches de l’acte créatif. Remonter à l’origine c’est vouloir comprendre les raisons qui ont déterminé le choix du sujet, faire affleurer des états sacrifiés ou modifiés, ouvrant ainsi au lecteur le versant caché du texte. La technique scripturale de l’auteure est assez surprenante : elle réinvente son texte d’un manuscrit à l’autre, et cela incessamment sans épargner ni la copie pour l’éditeur ni les épreuves. Écriture toujours recommencée, probablement à cause d’une rédaction trop rapide, remaniement incessant intervenant au niveau du style mais également de la texture narrative. On constate dans l’édition plusieurs procédés de réécriture : l’atténuation, en particulier, concernant l’infiltration autobiographique de l’auteure au cours de la narration, ses attaques acrimonieuses contre la société française, aboutissant au silence polémique imposé à Napoléon et à la présence de ses armées sur le territoire italien. Roman dysphorique sur le plan du récit, d’un bonheur perdu et d’un deuil sans relâche, Corinne ou l’Italie incarne une foi inaliénable en des valeurs capables de survivre à la finitude de l’existence humaine, tels les beaux-arts et les grands artistes anciens et modernes, tout en revendiquant une vocation cosmopolite malgré les antagonismes implicites entre individus et nations.