Représentations des pauvres et de la pauvreté dans le roman du XVIIIe siècle

par Marianne Albertan-Coppola

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Alors que la pauvreté a engendré moult débats et publications au XVIIIe siècle, les pauvres sont restés les oubliés de l’Histoire jusqu’aux travaux de J.-P. Gutton, D. Roche, A. Farge à la fin du XXe siècle. Dans la critique littéraire, elle n’a pas suscité beaucoup d’études, contrairement à son pendant, la richesse. Pourtant, à parcourir la centaine de romans qui font une place à la pauvreté, il apparaît que le personnage du pauvre connaît dans le roman un véritable essor au siècle des Lumières. Si le picaro demeure au tournant du siècle une figure importante et continuera à l’être en pointillé tout au long du siècle, il fait place progressivement à des représentations plus nuancées qui font du désargenté plus qu’un simple faire-valoir et lui confèrent même une véritable identité, sinon sociale, du moins personnelle. Il se forme en particulier, autour de la pratique de la charité, un système relationnel complexe liant donateur et receveur, par lequel ce dernier échappe aux clichés : il n’est plus un simple objet mais devient un sujet à part entière avec ses affects. À petites touches, la figure du pauvre évolue ainsi jusqu’à faire l’objet à la fin du siècle d’une sorte de fascination.