Psychanalyse yetu 58 - Clinique et formes d’assujettissement

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Freud a ouvert la voie en accréditant le triptyque névrose, psychose, perversion. Pour autant, le repérage de ces trois entités ne va pas de soi. Macalpine et Hunter, par exemple, tiennent le peintre Haizmann pour schizophrène et non pour hystérique. Lacan lui-même hésite sur l’Homme aux loups, et nombre de ses élèves le disent psychotique. Ainsi de suite. En amont de ces flottements, une première tâche est de jauger le bienfondé d’une telle tripartition. L’essaimage doctrinal consécutif à la mort de Lacan a donné lieu à plusieurs révisions : effacement de la coupure névrose-psychose, édiction d’un nouveau sujet, individuation de l’autisme, pour ne retenir que les tendances majeures. Il faut donc, une fois de plus, remettre sur le métier l’ouvrage. Cependant, deuxième tâche, reste que ces formes d’assujettissement (préférons ce terme, habilité par Lacan, à celui plus vague de « structures »), si elles détourent un périmètre pertinent, ne donnent pas la clé de la gravitation du sujet, et ne peuvent pas plus prédire si ce sujet sera à même de conclure, de façon satisfaisante, son analyse. Satisfaisante, c’est-à-dire permettant le dépôt du moi par l’assomption du symptôme, hors jouissance phallique (plus prudemment : par la mise à plat du phallus). En ce lieu, s’ébauche un débat : la thèse lacanienne de la forclusion du Nom-du-Père, pourrait laisser accroire que ce Nom est une réponse de l’Autre. Freud, sur ce point, éclaire Lacan, en distinguant deux modalités de la perte, refoulement ou démenti, tout en soulignant que perte il y a. Névrose ou psychose, il y a de l’incurable. Dès lors, la perte qui concerne la psychose est-elle, et comment, inscriptible dans cet incurable ? Pierre Bruno