Calder
par Arnauld Pierre
Crédits & contributions
- ÉditeurHAZAN
- Parution08 avril 2026
Prix TTC
Le sculpteur américain Alexander Calder (1898-1976) partage avec certains des plus grands créateurs du xxe siècle le redoutable privilège de la popularité universelle. Or le créateur des mobiles, l’une des expressions les plus neuves et les plus audacieuses de la sculpture au xxe siècle, n’a jamais reçu l’examen critique et historique à la mesure de cette notoriété. Enrichi par une collaboration continue avec la Calder Foundation, détentrice des archives de l’artiste, l’essai monographique d’Arnauld Pierre tente de redonner toute son importance aux inventions de Calder en montrant qu’un véritable projet soutient sa démarche et qu’il existe, en somme, une esthétique caldérienne. Celle-ci tourne autour de la confluence de deux notions capitales, celle de mouvement et celle de réalité, dont Calder ne cessera d’examiner les relations. Dans la première période parisienne de l’artiste, sa sculpture en fil de fer, en se concentrant sur l’expression du mouvement, conduit au paradoxe d’une plus grande réalité contenue dans une forme de moins en moins figurative. Après le « choc » de la rencontre avec Mondrian, en 1930, le mouvement s’impose comme composante réelle d’un art abstrait, non figuratif. Calder invente alors des constructions articulées où s’équilibrent des corps pesants, poids et contrepoids, composant des systèmes équilibrés d’une rare subtilité, instaurant d’une manière toute nouvelle les conditions d’apparition du mouvement réel. Cette composition d’équilibres, c’est le mobile, où la cause du mouvement se confond si bien avec les bases constructives de l’œuvre qu’il lui paraît en quelque sorte immanent. Le mouvement est ainsi ce qui permet de maintenir dans le mobile une forte référence au vivant, plus évidente encore lorsque l’artiste délaisse le vocabulaire géométrique du début des années 1930 pour entrer dans le « cycle organique » et s’inspirer des rythmes profonds du monde naturel. Avec ses mobiles, Calder invente un autre rapport à la réalité, fondée, justifiée et qualifiée tout à la fois par le mouvement. C’est à la tentative de définir cet autre réalisme qu’est consacré l’ouvrage d’Arnauld Pierre. Arnauld Pierre est professeur en histoire de l’art contemporain à Sorbonne Université et chercheur au Centre André Chastel. Spécialiste de l’histoire des avant-gardes, de l’abstraction et de l’art optique et cinétique, il a publié sur ces sujets de nombreux textes et ouvrages, dont L’Abstraction (Citadelles & Mazenod, 2021, avec Pascal Rousseau) et Magic Moirés.Gerald Oster et l’art des moirages (Macula, 2022). Il a également assuré le commissariat des expositions « Nicolas Schöffer » (Musée d’art moderne de Villeneuve-d’Ascq, 2018) et « Vasarely. Le partage des formes » (Centre Pompidou, 2019). Son ouvrage Calder. Mouvement et réalité, ici réédité, a reçu le Prix SNA du Livre d’art en 2009.
