Le mystère Glaser

par Corinne Bacharach

Crédits & contributions

EAN
  • ÉditeurARCHIPEL
  • Parution24 septembre 2026

Prix TTC

22,00
Pas encore paru

Denise Glaser, pionnière de la télévision, a reçu les plus grands noms de la chanson française. Ce récit en forme d'enquête, enrichi de documents inédits, dessine le portrait d'une femme moderne, engagée, mystérieuse, de son enfance juive à Arras à sa vie solitaire après son éviction de l'ORTF, en passant par ses années de Résistance et sa découverte de la psychiatrie. Sur les pas d'une icône déchue de la télévision en noir et blanc Denise Glaser. Un nom, une femme, une histoire d'un autre siècle, celui de la télévision en noir et blanc et des disques 45 tours. Voix singulière, regard profond, séduction magnétique, elle était la productrice et l'animatrice d'une émission mythique : " Discorama ". De 1959 à 1975, le meilleur de la chanson – Gainsbourg, Polnareff, Ferré, Moustaki, Dalida, Véronique Sanson, Joan Baez, Barbara... – entrait dans les foyers français au fil d'une conversation ponctuée de silences. Si la " reine du silence " parvenait à faire éclore la parole vraie de ses invités, Denise Glaser a ménagé un mystère autour de sa vie intime et fabriqué son image télévisuelle pour mieux masquer ses fragilités. " Je suis quelqu'un qui échappe ", disait-elle. Ni mari ni enfants, peu de témoins : comment approcher le " mystère Glaser " sans mener une enquête ? À Arras, où elle est née en 1920 de parents juifs dont la boutique sera " aryanisée " en 1940. À Clermont-Ferrand, où l'" étudiante israélite " s'inscrit en Lettres et entre dans la Résistance aux côtés de Dominique et Jean-Toussaint Desanti. À l'hôpital de Saint-Alban, en Lozère, où, réfugiée pour échapper aux rafles, elle rencontre ceux qui vont révolutionner la psychiatrie. Celle qui voulait devenir pianiste découvre les clubs de Saint-Germain-des-Prés après-guerre, où sa rencontre avec Frédéric Rossif va lancer sa carrière. Avec Lucien Morisse, futur patron d'Europe n°1, elle est illustratrice et collabore en 1949 au premier journal télévisé. Sanctionnée par la télévision gaulliste en 1963 pour avoir invité Jean Ferrat à chanter " Nuit et Brouillard ", elle sera finalement écartée de l'ORTF en 1975 et finira sa vie en 1983 dans la pauvreté et la solitude. Elle laisse 350 heures d'émissions qui tissent une histoire de la chanson française. 43 ans après sa mort, Denise Glaser reste une référence pour l'art de l'interview. Pour l'arracher à ses silences et tenter d'élucider ses paradoxes, Corinne Bacharach a visionné des centaines d'heures d'images, fouillé les archives départementales et familiales, exhumé des documents rares, interrogé ses assistantes, rencontré des témoins et amis dont Bertrand Delanoë, Véronique Sanson ou Maxime Le Forestier.