La voix des maudits
Crédits & contributions
- ÉditeurSLATKINE
- Parution28 août 2026
Prix TTC
Dans un champ de l’Ouest lausannois gît le corps d’une jeune Chinoise, Fiona Zhang, couvert de symboles inscrits à l’encre sur sa propre chair. Ce sont des fulu, des talismans taoïstes servant à exorciser de mauvais esprits. Quelque chose la tourmentait. Quelque chose d’inhumain. Nicostratus « Stratus » Braga, enquêteur usé par son métier et insomniaque depuis la mort d’une collègue, s’empare de l’affaire, écartant la police cantonale et le commissaire Camille Chevalley, réputé pour sa paresse. À Shanghai, sa mentore, Kong Ling erre entre consulting policier et études bouddhistes, aliénée par son pays natal. Quand Stratus l’appelle, elle n’hésite pas une seconde. L’autopsie révèle une overdose de scopolamine, mais impossible de trancher entre suicide, accident, ou meurtre. Puis, un second cadavre est retrouvé, calciné, lié à une transaction immobilière de l’entreprise familiale de Fiona Zhang, fabricant de médecine chinoise basée à Paris. Dès lors, Stratus est convaincu de l’existence d’un tueur. Dans l’ombre, une voix murmure à l’oreille de celui-ci. La voix du « Robin ». À Wenzhou, Ling découvre que Fiona appartenait à une lignée matrilinéaire de chamanes taoïstes. Elle rejoint Stratus à Paris pour interroger le père de celle-ci, Zhang Liwei. Après une altercation violente dans le XIIIe arrondissement, le jeune inspecteur sombre. Au retour à Lausanne, il s’effondre seul chez lui. Ling réalise qu’il souffrait de microdoses de scopolamine : la signature du tueur pour terroriser ses victimes avant de les achever. C’est trop tard. Stratus est enlevé. Dans une forêt obscure, il subit le supplice de l’estrapade. Ling le retrouve à peine vivant grâce aux efforts de la police. Pendant que Stratus lutte dans un coma artificiel, elle reprend l’enquête, épaulée par Chevalley et la cantonale. Liwei arrive ensuite avec une chamane démente et des hommes du Gang de Wenzhou venus d’Italie du Nord. Ils sèment le chaos dans la région de Romanel, souhaitant forcer le tueur à sortir de l’ombre. C’est un groupe de Yéniches victimes d’hallucinations qui fournit la clé. Ling comprend qu’un empoisonneur sévit depuis des décennies, ciblant étrangers, marginaux et praticiens de croyances alternatives, un chasseur de sorciers héritier des violences intolérantes de l’Histoire. Le Robin désigne son démon familier, comme ceux exploités par les « magiciens blancs » de l’époque. Et il a un visage : le commissaire Camille Chevalley. Descendant d’une guérisseuse ésotérique, il maquille ses empoisonnements en suicides depuis des années, nourri par un racisme induit par une famille dysfonctionnelle, déguisé en haine de « sorcellerie ». Chevalley capture une adolescente pour appâter Stratus, à peine revenu et enragé par son désir de vengeance. Ce dernier se laisse piéger pour sauver la jeune femme. Ling, assistée à contrecoeur par le Gang de Wenzhou, les retrouve au dernier moment. Le tueur s’enfuit, mais Stratus le rattrape, prêt à l’achever. Ling doit choisir. Chevalley les provoque une ultime fois : il n’est que le produit inévitable de haines éternelles. Alors, Ling, qui avait juré de ne plus tuer, presse la détente pour empêcher Stratus de sombrer dans l’obscurité qu’elle connaît si bien. En épilogue, Stratus retrouve compassion et lumière, tandis que Ling demeure dans la pénombre, ne parvenant plus à méditer. Elle accepte cependant une nouvelle voie : renier la superstition, racine de tant de souffrances, et affronter le Mal pour maintenir l’équilibre, quels que soient les sacrifices. Et elle ne sera pas seule. Il y aura Stratus. L’équipe. Sa famille.
