Paradoxes de l'expertise. Savoir ou juger ?
Crédits & contributions
- ÉditeurEMPECHEURS
- Parution15 février 1999
Prix TTC
Les affaires Pierre Rivière, Marie Besnard puis Grégory ont laissé planer le doute sur le statut de la vérité « expertale ». Les auteurs ont enquêté sur toutes ces questions auprès de magistrats et d’experts psychiatriques, en les confrontant à des mêmes cas fictifs afin d’étudier divergences. Ils ont aussi repris de nombreux rapports d’expertise. Pour les auteurs, il y a un paradoxe au cœur de l’expertise : « Prenons la situation d’un juge qui, confronté à une demande d’attribution de garde d’enfant, ne perçoit aucun signe de pathologie dans la personnalité du demandeur. Va-t-il faire appel à l’expertise ? Prenons ce même juge mais qui, cette fois-ci, est convaincu de la gravité de la pathologie du parent demandeur. Dans le premier cas, il s’abstiendra de recourir à cette procédure. Dans le second cas, il aura tendance à demander une expertise. Admettons que, dans le premier cas, la pathologie du parent demandeur. Dans le premier cas, il s’abstiendra de recourir à cette procédure. Dans le second cas, il aura tendance à demander une expertise. Admettons que, dans le premier cas, la pathologie soit d’une telle subtilité que seul un expert pourrait la déceler. Il n’y a aucune chance pour que cette information soit découverte puisqu’elle n’a pas été demandée. » Pourquoi et dans quels cas un juge fait-il appel à un expert ? Comment utilise-t-il les résultats d’une expertise ? L’idéal de justesse devrait-il entraîner le remplacement des juges par des « experts de la décision » ? Mais quel est le rapport entre « justesse » et « justice » ? Comment s’articulent la parole de l’expert qui doit parler en fait et celle du magistrat qui parle en droit ? Qui contrôle l’expert qui doit parler en fait et celle du magistrat qui parle en droit ? Qui contrôle l’expert dans sa production de savoir ? Est-il normal que ce soit le juge qui décide quand il faut faire appel à un expert ?
